Tout Le Monde à la même enseigne ?

Eh bien il semble que non…

En scrutateurs avisés que vous êtes de la vie des bibliothèques et de leurs fournisseurs, il ne vous aura pas échappé que depuis janvier 2011 le journal Le Monde, titre de référence de la presse française, est distribué exclusivement au monde académique et aux bibliothèques de lecture publique par CEDROM-SNI, via Europresse. Avant, vous pouviez y avoir accès sur Factiva (qui, au passage, le mentionne toujours comme une source « active »).

Il vous faut donc, si comme moi vous êtes responsable de docélec dans votre bibliothèque, souscrire à Europresse pour offrir un accès en ligne au Monde à vos usagers.

Seulement voilà, depuis le début de l’année 2012 (en fait les accès étaient ouverts fin 2011), Le Monde est proposé à tous les usagers de l’Université Numérique Paris Île-de-France (25 établissements, 500 000 étudiants, 50 000 personnels), non pas sur Europresse, mais directement sur le site Web du Monde, avec une page dédiée: http://www.lemonde.fr/portail-des-universites/ .

Ah oué ? Oué.

On trouve sur le site de la Bibliothèque Sainte-Barbe l’annonce suivante, qui détaille le contenu de l’offre :
« Accédez à l’édition abonnés du Monde à la bibliothèque.
La Ville de Paris et l’UNR d’Ile-de-France offrent la possibilité à tous les étudiants de Paris et d’Ile-de-France de consulter l’édition numérique du Monde ainsi que ses archives depuis 1987.
Sur l’Espace Éducation du Monde.fr, vous pouvez rechercher dans les archives du Monde, du Monde de l’Éducation et sur les dossiers d’actualité du mensuel Dossiers et Documents.
Par cet abonnement, vous pourrez aussi consulter les archives du Monde diplomatique depuis 1954 (hormis les 6 derniers mois). »

Intéressé, parce que je mets aussi le nez dans l’UNR Rhône-Alpes, je suis allé à la chasse aux informations (combien ça coûte, quid des modes d’accès sur place et à distance, etc.)

Peu d’éléments significatifs du côté des collègues contactés-hormis la durée du contrat, 3 ans-, mais je tombais mal, en plein préparatifs des festivités pour célébrer la chose, lancée officiellement le 14 mars 2012.
Réponse embarrassée du côté du Monde, et pour cause, la diffusion est une exclusivité CEDROM-SNI…
Seuls éléments notables,  l’authentification via Shibboleth a été faite par Le Monde, et l’exclusivité de diffusion du Monde par CEDROM-SNI prendra fin en 2013 (donc c’est bon pour 2014 ?)
Et pas beaucoup d’éléments intéressants depuis.

Donc si quelqu’un pouvait m’expliquer pourquoi eux et pas nous, pourquoi pas de négociation nationale, je suis preneur, les commentaires sont ouverts, les acteurs du programme sont les bienvenus.

Journée eBooks Couperin | Table-ronde et bilan

Bilan de l’atelier juridique

La diffusion a été laissée de côté, tout comme la place des consortiums.
On risque une segmentation du marché entre éditeurs qui traitaient déjà avec Couperin, et ceux « grand public ».
Nécessité de formaliser le marché public, dans un paysage bien fragmenté.

Bilan de l’atelier « Que puis-je mettre sur mes tablettes »

il proposait un focus sur les contenus.
Hervé Le Crosnier (HLC) : S’agissait-il de ma tablette personnelle avec une offre de la bibliothèque ? Ou des tablettes mises à disposition par la bibliothèque ?
On est dans une logique d’acculturation, pour l’instant c’est un média peu demandé (HLC)
Le lecteur a besoin d’apprendre à utiliser ces outils et ces offres, est-ce là notre objectif ? (HLC)
Le marché du matériel va organiser la démocratisation de l’outil.
La tablette la plus vendue (iPad, 70-97% du marché) est aussi un des modèles les plus fermés.

Quid des DRM ?
Ils sont un frein à l’usage, et encourageraient le piratage. D’autres pistes à explorer : le watermarking, le streaming.
Pour HLC, le DRM est un blocage d’un outil de culture.
Le pirate comme conservateur ? Il permet la diffusion sans barrièrefrein, et conservation puisque dissémination

HLC rappelle que le marché principal du livre électronique c’est la bibliothèque.
Le métier de la bibliothèque, c’est de prendre pour donner. À imposer dans les négociations.

Bilan de l’offre aux étudiants :

Panorama de l’offre en français pour les étudiants de L (contenus, modèles économiques, points forts et faibles). Commercialisation des manuels. Certains pôles thématiques sont mieux desservis que d’autres (SHS, au détriment de la santé).
Cartable électronique fourni à l’étudiant (cours et documents numérisés étant inclus, les étudiants n’éprouvent pas le besoin d’en chercher d’autres) : influence les usages ?
Une bourse est donnée pour financer un manuel qui est ensuite diffusé gratuitement en version numérique, et reste modifiable par un autre enseignant. Les bibliothèques pourraient participer à l’achat de manuels.

Atelier signalement et valorisation (Thomas Guignard /EPFL)

Signaler tous azimuts (web, catalogue, mais aussi physiquement, communication via affiche, QR Codes)
Rematérialiser avec fantômes, boîtiers.

Les outils de recherche fédérée permettent de valoriser cette documentation.
Ce qui manque c’est de pouvoir analyser la méthode de recherche et d’accès au document, pour affiner et améliorer. (Se pose-t-on toutes ces questions pour les requêtes formulées sur nos OPAC ? NDB)

Atelier médiation

La pratique de l’annotation est à ne pas minorer, les gens ont besoin de s’approprier le contenu par l’annotation, le partage (indication de ce que je lis via partage sur réseaux sociaux), mais possible tentation de la mesure de son activité.
Sur Amazon indication de ce qui a été lu pour les ouvrages disponibles sur Kindle (qui permet le partage sur Facebook=> est-ce une lecture socialisée ?) Cela aura-t-il une incidence sur notre manière de lire ? On ne lira plus que ce qui aura été signalé par d’autres ?

Retour sur Le Havre

Le budget investi est énorme par rapport à l’usage. Cela révèle-t-il des problèmes dans le signalement ? Dans les modes d’accès ?

Conclusion d’Hervé Le Crosnier

« Complexité » est le mot clé de la journée : complexité des plate-formes, complexité juridique, complexité des marchés, complexité des DRM imposés, complexité de l’intégration aux catalogues, complexité des outils de recherche croisée.
Il retient également qu’à aucun moment les offres gratuites n’ont été évoquées.
Du point de vue de la bibliothèque, on paye pour offrir, au détriment de la valorisation de la connaissance. Il existe des ressources gratuites qui mériteraient une valorisation par la bibliothèque (présence au catalogue), comme les publications officielles disponibles en pdf (cf UE).
Il faut faire bénéficier ces documents de notre travail de classification, de valorisation, de diffusion.

Enfin, il faut comprendre l’écriture numérique pour comprendre la lecture numérique.
Les bibliothèques doivent fabriquer du livre numérique (ateliers, conférence, sont autant d’occasions pour se lancer).
Le faire mais sans se limiter au format pdf (format imprimé) qui ne permet pas d’enrichissement, tenter et privilégier l’epub (vs ibooks).

Journée eBooks Couperin | séance plénière

Les ebooks, en filigrane des pratiques numériques académiques

Chérifa Boukacem étant absente, Annie Hélot rappelle que pour l’avenir l’enjeu majeur est l’utilisabilité, « degré selon lequel un produit peut être utilisé par des utilisateurs identifiés pour atteindre des buts définis avec efficacité, efficience et satisfaction, dans un contexte d’utilisation spécifié » (norme ISO 9241-11)

L’usager, face à une offre documentaire numérique inégalée, devient prescripteur (pour ses pairs, via les réseaux sociaux).
L’évolution récente des outils va dans ce sens : OPAC de nouvelle génération, portails, moteurs de recherche, discovery tool.

Le signalement des ebooks au SCD Paris 3 (Romain Le Nezet)

Contexte technique : Primo en version beta dès septembre 2010, c’est l’interface d’accès unique aux ressources du SCD (moissonne Aleph, Metalib, SFX). Avant Primo, l’accès se faisait sur chacune des interfaces des fournisseurs.

125 000 ebooks sont activés dans SFX et moissonnés par Primo, dont EEBO. Il n’y a pas de signalement spécifique, les facettes permettent de les repérer.

En back office c’est un circuit simple et rapide (activation des ebooks dans SFX), et un moissonnage quotidien dans Primo.
Un bémol, les métadonnées pauvres, l’absence, ou presque, de facettes

En test : l’import local dans SFX (choix d’une cible (target locale, ex Harmathèque), import manuel des données, qui peuvent être enrichies au passage), service ensuite automatisé par ExLibris (avec Dataloader).

Ces ressources nécessitent une véritable politique documentaire, et un suivi de l’usage.
Paris 3 a fait le choix de partir des outils pour ensuite définir la politique documentaire qu’ils permettent.

Summon à Paris Diderot (Christophe Pion)


Un SCD pluridisciplinaire, sur 9 sites, qui dessert 26 000 étudiants, qui a vu ses dépenses documentaires croître de 762% entre 2004 et 2011.

Le passage au numérique est favorisé par l’abandon des abonnements papier gagés
Outils locaux pour gérer la documentation numérique (liste A-Z en php).
Adoption de Summon, un index global, accompagné de toute la suite logicielle de chez Serials Solutions (résolveur, liste alphabétique, ERMS). L’objectif est d’avoir une seule base de connaissance.
Parallèlement, un site Web à l’interface dépouillée est développé sous Drupal 7.

Summon ne distingue pas le « livre » du « livre électronique », dans les résultats, et les facettes ne le permettent pas. Une surcouche VuFind (cf Villanova aux USA) permettrait d’affiner l’affichage des résultats (à l’étude).

Summon est un outil qui modifie la place des outils utilisés auparavant, et qui met en valeur la politique documentaire électronique. Il demande un nouveau regard sur la politique documentaire (notamment l’articulation papier-électronique) et donc sur l’évolution du métier.

Journées eBooks Couperin | Les ateliers

A la demande de la Cellule eBook Couperin, Marlène Delhaye et moi avons pris quelques notes pour rendre compte de ces journées organisées à la BULAC le 6 avril dernier, et consacrées à « l’intégration du livre électronique dans l’écosystème de l’établissement » sur nos blogs respectifs.

Compte-rendu forcément partiel, que j’espère pas trop partial.

Six ateliers étaient proposés au cours de la journée, nous n’avons pu en couvrir que deux chacun.

“Que puis-je mettre sur mes tablettes ?”

Animé par Elise Chappoy et Guillaume Hatt, CeB Couperin
Quelle offre proposer en milieu universitaire (notamment de niveau recherche), en tenant compte des formats et des contraintes techniques ?

Un point sur le marché des tablettes en France :
11,5 millions de smartphones et 1,5 million de tablettes tactiles vendus (entre 70% et 97% d’Apple selon les études), ainsi que près de 100 000 liseuses (étude GFK).
Les prévisions de ventes en France pour 2012 : 3 millions de tablettes. 10% du trafic Web sera opéré depuis une tablette connectée.

Quels usages sont faits de ces tablettes : on note une place relativement anecdotique de la lecture de livres sur tablettes (à mettre en rapport avec l’offre de ebooks disponible sur le marché), mais on assiste à la pénétration de la lecture de journaux.

Après un rappel sur les différences techniques entre les liseuses (type Kindle) et tablettes (type iPad), on passe en revue les usages en BU sur des tablettes proposées au prêt (peu sont prêtées vides dans les différentes expériences étudiées, la plupart aux USA) :

  • pré-téléchargements de contenus : lecture de cours, préparation de concours, parcours thématiques
  • pré-téléchargements de contenus conçus par la bibliothèque (donc gratuits) : guides d’utilisations, modules recherche documentaires
  • pré-téléchargement des contenus les plus demandés (gratuits/payants)
  • pré-téléchargement de contenus audio (podcasts de cours ; publics empêchés)
  • pré-téléchargement de contenus libres numérisés (collections patrimoniales)
  • abonnement à des contenus “presse” mais pas de modèle d’abonnement pour BU sur ces outils
  • prêt de terminaux à vide (mais s’apparente alors à un test avant achat)

Ensuite, une revue des services possibles en BU (la tablette comme outil du bibliothécaire) :

  • « revolving librarians » (NYPL et NYUL) : conseil en allant au devant des lecteurs (primo-arrivants ; période de saturation de la bibliothèque, diversification des lieux et des pratiques d’accueil)
  • intégration aux dispositifs de formation des publics (trame d’exercice pré-chargée ; pratique documentaire sur la tablette connectée)
  • Accompagnement des visites guidées

L’aspect “ludique” peut jouer dans l’appropriation. La tablette comme appât ?

Les offres pour tablettes, diffusion des contenus :

Le streaming : rien à installer (plutôt positif, pour l’usager comme pour le bibliothécaire) mais des problèmes de compatibilité (Flash, problème pour l’iPad, sur CAIRN par ex.), et nécessite une connexion permanente.
Question sur le rôle et la place d’Apple et de son écosystème : la main-mise sur les contenus pédagogiques est-elle à craindre (avec sa tablette, son format iPub) comme sur la musique il y a 10 ans avec iTunes ?

Le téléchargement : il autorise le nomadisme, puisque la consultation n’est pas liée à une connexion Internet (aspect positif), mais si présence de DRM, la gestion peut être lourde pour la bibliothèque, voire un frein à l’usage (aspect négatif)
Un point sur les formats rencontrés :
Le PDF domine (majoritaire dans l’offre de niveau recherche), on assiste à une croissance de l’ePub, et au développement d’applications dédiées à un type de terminal (Numilog, Elsevier, Pearson)

Les applications proposées par les fournisseurs de ressources numériques, l’exemple de l’application ScienceDirect. :
Elle ne peut fonctionner de façon pertinente (c’est à dire d’avoir accès au texte intégral), puisqu’elle nécessite d’être sur campus. Or l’usage sur ces terminaux est un usage mobile…
Le modèle a été pensé pour un usage grand public pas pour un usage “BU”.

Questions : est-il utile de proposer une offre de ebooks alors que tout est disponible en piratage ? Quelle place aura le format ibooks d’Apple ?

Les contraintes techniques, qui « empêchent » les usages, peuvent être dépassées. Par exemple, Bluefire Reader est une application gratuite qui permet la lecture avec Adobe Digital Edition sur iPad. Mais s’apparentera à une vraie contrainte dans le cas de la gestion d’un parc de tablettes à la BU, ou pour promouvoir ces modalités d’accès (installation de l’application, suivi des mises à jour).
Apple et son iPad ne sont pas les seuls à “empêcher” la lecture, les problèmes existent quels que soient les systèmes

Enfin, plus qu’une conclusion, ce sont des questions qui viennent, puisque ces usages débutent :
– Les offres des fournisseurs sont vécues comme un frein à l’expérience
– Les choix techniques priment-ils sur la sélection et la scénarisation de contenus? (oui)
– La maintenance du parc de tablettes : une activité sous-évaluée dans nos BU? (conception et mise à jour du « master », gestion des authentifications, réinitialisation des tablettes, batteries, etc…)

« Les DRM (Digital Rights Management) »

atelier animé par le MOTIF


Les dispositifs anti-copie apparaissent au début des années 1980 (chez Disney, Warner Bros)
L’arrivée d’Internet, à la fin des années 1990 a permis l’échange de fichiers (notamment mp3)

Les DRM ont été mis en place pour limiter la copie et l’échange
Mais les DRM sont facilement crackables => le dispositif est un échec
Les DRM n’ont pas réglé les problèmes de la crise de l’industrie (musicale, cinématographique)

Des alternatives ?
streaming comme alternative au téléchargement
FairUse : contrôle a posteriori

Problèmes de la communication, de la conservation pérenne des documents numériques. Compatibilité des formats, compatibilité et pérennité des matériels pour lire.
Les copies pirates sont disséminées sur Internet, sont très facilement accessibles, et elles sont proposées dans des formats ouverts et pérennes.

Le MOTIF
Observatoire créé par la région Île de France (2008), a notamment réalisé et publié plusieurs études sur les « ebookz », le piratage de livres sur Internet.

Le DRM est-il un frein aux usages ? Incite-t-il au piratage ?
La facilité de crackage n’implique pas forcément une incitation au piratage.

Le prix élevé inciterait aussi au piratage, comme les difficultés liées au DRM.
Les DRM Adobe très contraignants (nécessité d’enregistrement d’un compte, configuration)
Le piratage comme absence de contrainte.

Variantes de DRM : Amazon et son système de prêt : Un livre/mois pour une durée d’un mois (chrono-dégradable et lisible sur Kindle)
Le « Watermarking » (tatouage numérique) permet d’identifier acheteur, qui n’est pas forcément celui qui a mis en ligne le fichier “pirate”

Que trouve-t-on en version « pirate » ?
entre 1 et 2% de l’offre légale papier trouvables disponibles sur les réseaux pirates.
On y trouve des best-sellers, des ouvrages pratiques, scolaires, d’informatique et de cuisine.
La version pirate est souvent un livre scanné (souvent en provenance de BU).

Un portrait du pirate :
Le prix de l’offre numérique légale est jugé trop élevé, il y a une philosophie de la mise à disposition gratuite de contenus.
Les DRM sont une contrainte, volonté de « libérer » le fichier, le rendre accessible à tous facilement. L’absence d’une offre légale intéressante (tarif, catalogue) est à noter.
Il y aurait donc un piratage « par défaut ».

Question sur le p2p. Qu’est-ce ? Qu’y trouve-t-on ?
Ce ne sont pas les réseaux p2p qui sont « pirates », mais certains usages qui en sont faits.

Le streaming serait la solution ? Les offres existent pour de la lecture, mais nécessitent un abonnement (forfait), et une connexion au Web.

La BD
50% de l’offre disponible en librairie est disponible en version pirate pour la BD.
Un travail éditorial est pratiqué par certains pirates (traduction et mise en page de versions françaises, qui sont retirées des réseaux une fois la version « officielle » disponible au téléchargement), notamment sur les mangas.

Question sur l’accessibilité via les outils de la bibliothèque par rapport à l’accès via Google et les réseaux : il est plus facile de trouver un ebook sur le Web que d’y avoir accès via la bibliothèque. Cela doit nous amener à sérieusement repenser nos interfaces de catalogues, nos modes d’authentification, et les modes de recherches dans nos catalogues.

Empruntez Gaël, un an après

Le temps d’enlever les toiles d’araignées qui commençaient à recouvrir ce modeste blog, et voici venu le temps des rires et des chants pour moi de vous faire un rapide compte-rendu des retours obtenus suite à la diffusion de mon flyer. Avec un an de recul maintenant, qu’est-ce que ça a donné?

Du côté des pros

Pas tous hein, juste ceux avec qui je chatte/papote/tweete/wave : retours positifs et même enthousiastes (ou en tous cas pris comme tels) :
On l’a qualifié de « collector » et même  de « document historico-bibliothéconomique » (et après on s’étonne que j’aie un ego sur-dimensionné…). Beaucoup de tweets également sur le « comment » de la chose. Je vous passe les commentaires désobligeants de ceux qui savaient dans quelles conditions la photo a été réalisée,  ou qui se demandaient où était passé mon bonnet, mais il faut croire que le photographe a fait du bon boulot, puisqu’on m’a demandé des exemplaires dédicacés (format poster…), mais je ne préciserai pas pour qui…
Des bons retours donc, au point qu’on parlait de moi pour être sur la liste des 23 une « star twittesque » (si si je vous jure, je peux prouver tout ça, j’ai tout gardé, j’ai les noms!)

Mais le public visé il en a pensé quoi lui?

Pour faire vite, du bien.
En vrac, j’ai été contacté pour réfléchir à la version numérique d’un dictionnaire de physique (work in progress avec l’auteur et l’éditeur, rendez-vous à Paris en juin, plus de détails ici si je peux diffuser tout ça, mais ça a l’air prometteur) et pour donner mon avis sur le meilleur moyen de promouvoir les publications d’un labo (là ça n’a rien donné pour l’instant).
J’ai également reçu des demandes de formations à la docélec pour plusieurs groupes d’étudiants, et des enseignants-chercheurs m’ont emprunté pour une formation en groupe aux flux RSS, qui s’est prolongée par des rencontres individuelles pour préciser tel ou tel point (oui, un SAV en somme).  Je constate aussi des réponses plus fréquentes aux mails d’information que j’envoie régulièrement.

Ces exemples peuvent sembler anecdotiques, mais pour moi le résultat recherché est là (même si je ne croule pas sous les demandes) : la prise de contact est facilitée, parce que j’ai dit que j’étais disponible, et que j’essaie de l’être. On est tous surchargés de boulot, mais pas au point de refuser une demande émanant de quelqu’un qui dit avoir besoin de nous, non? Abandonner Twitter et Facebook une demi-heure pour aller dépanner une prof en délicatesse avec son agrégateur (non, pas celle qui m’a demandé si c’était moi sur la photo…), ou caler une présentation/formation d’une heure ou deux, (presque) au pied levé, ça me semble jouable. Et quand ça ne l’est pas, on ne relâche pas le poisson ferré…

On montre sa trogne, on dit qu’on est dispo, et petit à petit ça se met en place…

Même s’il y a des « râtés » : le fait de s’exposer (toutes proportions gardées) fait qu’on apparait comme un recours possible à ceux qui ne savent pas à qui adresser leur demande de PEB, leur suggestion d’achat, remplir leur demande de co-financement avec l’Ambassade de tel pays, etc, etc. Mais ça a le mérite de faire réfléchir sur « comment on nous voit de l’extérieur » (enfin, comment on ne nous voit pas surtout…)

Ah, dernière chose. Parmi les dommages collatéraux de ce petit flyer, je me suis retrouvé à donner des cours à des L1 Info-Com. Je ferai un petit billet sur cette expérience.

Suite au prochain épisode.

photo : Debriefing Speed Dating/Geeking Process | Choconancy1

Debriefing Speed Dating/Geeking Process

Empruntez Gaël s02, prequel

Avant de vous raconter la saison 2 de « Empruntez Gaël », rapide retour sur la saison 1, que vous avez peut-être loupée. Ce billet peut aussi être vu comme un commentaire à celui posté chez Lully par Stéphanie.

Comme souvent, c’est un post de Marlène qui m’a mis la puce à l’oreille. Elle revenait sur le nouveau service mis en place à la San Francisco Public Library, qui permettait aux usagers d’emprunter un bibliothécaire, pour un service personnalisé.

J’y ai vu là l’occasion de promouvoir d’une part mon service (la docélec) et d’autre part d’indiquer au public visé (les enseignants-chercheurs et les doctorants) que j’étais à leur disposition pour une formation, une présentation, un café (l’un n’étant pas exclusif de l’autre).

Mes visites dans les labos et les discussions que j’ai pu avoir avec certains d’entre eux (on ne se rend pas compte de la dimension stratégique du R.U. ou des pauses « cigarette »…) me confirmaient que l’information par mail était au mieux parcourue, au pire ignorée, et, bien que j’aie un bâton de pèlerin, je ne me voyais pas le prendre pour arpenter tous les labos tel un camelot. La solution du flyer, adressé à chacun, fût donc choisie.

Le flyer, donc.

Entièrement « home-made », réalisé avec Scribus et Wordle. Photo faite par un ami (licence « BeerWare« ). Impression et massicotage des 1 000 exemplaires réalisés par l’atelier de repro de l’université, pour un coût (200€) qui peut paraitre dérisoire, mais qui, si on le ramène à la qualité du papier, de l’impression et des finitions ne l’est pas. Mise sous enveloppe des 664 flyers et collage des 664 étiquettes assurés par mes soins. Tout ça délivré via le courrier interne. Les quelques affiches réalisées à la demande l’ont été de manière toute aussi artisanale.

Au final ça donne ça, un bel exemple de bricolage « maison ». La prochaine fois nous verrons les retombées de cette campagne de com’ (si, si, il y en a eu, des positives même), et les préparatifs de la suivante.

Ou « faites appel à des pros, ça vous coûtera à peine plus cher, vous y passerez moins de temps, et le résultat n’en sera que meilleur. »

Twitter Power

Ce matin, par ces quelques mots « c’est moi ou Cairn est couché ? » @dbourrion alertait la twittosphère sur le fait que CAIRN était inaccessible. En quelques minutes, des vérifications furent faites à Limoges, Rennes, Paris, Aix-en-Provence, Chambéry et Nice pour confirmer le diagnostic angevin, et indiquer au technicien de CAIRN, que si si, sa plateforme était bien en rade. Il a alors eu ces mots, « mais vous avez un réseau ou quoi?« , qui traduisent bien la « puissance » de Twitter, ce qui en fait un vrai outil professionnel à mon avis (on a déjà vu qu’on pouvait tweeter une conférence, mais si souvenez-vous).

Et ce dont il faudrait que les fournisseurs de docélec se rendent compte, c’est que nous travaillons (entre autres) avec Twitter, qui permet ce genre d’interactions rapides et efficaces.

Alors le prochain qui me transmet un devis « suspect » ne viendra pas se plaindre quand je lui démontrerai par A+B qu’il me prend pour une buse en me soumettant un devis trois fois plus élevé que celui de mes p’tits copains…

Mes excuses aux buses.

[photo : Last Thoughts /jurvetson]