Open Access Week 2010, c’est fini

L’OA Week 2010 s’est achevée hier, un rapide bilan :

Le groupe Open Access France compte aujourd’hui 23 membres, ce qui en fait le deuxième groupe le plus important (sur 40 constitués), derrière les Sud-Africains.
La vidéo que nous avons traduite et sous-titrée a été vue 461 fois (238 sur YouTube, 144 sur OAW.org, 79 sur DotSub).

Au plan local, chez moi, outre un message à caractère informatif sur notre site Web présentant l’OAWeek 2010 et proposant la vidéo, j’ai envoyé un mail à tous les enseignants-chercheurs et doctorants de l’Université, leur indiquant notamment la possibilité de déposer leurs travaux dans notre HAL.
Résultat? 2 réponses. Une pour me dire que l’info était déjà connue grâce à ce blog (merci), et l’autre pour nous demander comment faire pour déposer dans notre HAL.

C’est un début…

Open Access Week 2010, le film

Après plusieurs vaines tentatives de mon côté, merci aux petites mains de @jsicot d’avoir déposé la version sous-titrée par nos soins du film de SPARC sur l’OA.
Ca devrait en outre remédier aux difficultés de lecture que certains d’entre vous m’ont signalées.

Open Access Week 2010

Du 18 au 24 octobre, c’est l’Open Access Week.
Une semaine pour présenter et promouvoir l’Open Access. Avec quelques compères du groupe Open Access France, nous avons traduit et sous-titré une vidéo de SPARC, présentant les enjeux de l’Open Access.

La vidéo est disponible ici (pas moyen de l’embedder dans le billet, WordPress et DotSub sont fâchés…) ou lisible dans le widget disponible dans le menu de droite.

Et vous, vous faites quoi cette semaine?

P.R.O.F.

J’ai donné en avril et mai des cours à des L1 « Info-Com » de l’IMUS. Comment suis-je tombé si bas en suis-je arrivé là me direz-vous? Eh ben personne n’a été capable de me le dire. Comme je vous le narrais dans un billet précédent, je pense que c’est un des effets secondaires de l’opération « Empruntez Gaël », je ne vois pas d’autre explication.

J’ai reçu un jour un coup de fil, et on me demandait mes préférences de salle/horaires pour mes cours, censés commencer 3 semaines plus tard… C’était comme ça, j’étais inscrit sur les maquettes, 100h de cours à assurer/assumer… Intéressé par le challenge (faire le malin derrière un écran ça je sais faire, devant 40 étudiants avides de savoir et de connaissance je n’avais jamais essayé), j’ai donné mon accord pour 50h, réparties en 5 séances de 2h, pour 5 groupes de 40 étudiants (en fait je n’ai pu assurer que 30h). Et sur quoi me demandait-on d’intervenir? « Logiques de l’argumentation », rien de moins. Bien qu’étant hyper compétent en « logiques de l’argumentation », j’ai averti mon interlocutrice que moi mon truc c’était plutôt la docélec. On s’est mis d’accord sur un programme, (carte blanche, ça m’allait bien comme programme) et un calendrier. Je leur ai donc parlé de l’ « environnement documentaire à l’Université » (ressources documentaires, catalogues, site Web), fait un peu de « recherche documentaire » (les bases théoriques) et on a fini par un cours/débat sur Google, avec une petite dose de RSS.

Résultat des courses?

Expérience très intéressante, rien de tel que d’être confronté à « son public » pour se retrouver en face de vérités pas toujours agréables à entendre…
Des exemples? « Vous connaissez notre catalogue/site Web? –Non, y’a Google« , « Bon alors, la recherche documentaire… –Mais M’sieur, y’a Google« , « M’sieur, pourquoi vous mettez SCD et pas BU sur votre site Web?« , « M’sieur, c’est vous qui avez choisi les couleurs? [cf. charte graphique de l’Université…] » « M’sieur, pourquoi on doit chercher dans plein de trucs différents, parce qu’avec Google au moins…?« , « M’sieur, la BU on dirait un CDI« , j’en passe et des meilleures.
Pas mal d’éléments sur lesquels on doit réfléchir, s’il n’est pas trop tard, je pense là à notre catalogue de BU vs Google, à notre présence en ligne. Bien qu’il n’y ait point de salut pour eux en dehors de Google (vous vous êtes déjà retrouvé face à 30 MacBook et leurs pommes allumées, avec derrière, 30 étudiants qui vérifient en « live » la véracité de vos propos?) ils ne savent rien du géant de Mountain View, et plus largement rien des outils qu’ils pratiquent quotidiennement. Et je dirai même plus, ils s’en f******. J’exagère, j’ai eu droit à quelques envolées à l’évocation de la pub ciblée (avec démos en direct, on ne fait pas plus efficace), ou encore en évoquant les fameuses conditions d’usage de Facebook, qu’aucun d’entre eux ne connaissait. Là aussi, certains se sont vite plongés derrière leurs écrans.

Au final, je me dis qu’on doit les former à nos ressources évidemment, mais aussi (et surtout?) à cet environnement numérique dont ils usent et abusent, mais qu’ils ne connaissent pas.

Quant à savoir comment je me suis débrouillé en tant que « prof », à en juger par les « je le kiffe ce prof, déçu de ne pas l’avoir eu toute l’année! » (vu sur le mur Facebook d’un de « mes » étudiants) et autres « M’sieur vous voudriez pas aussi faire prof d’anglais et d’histoire des arts?« , je me dis que je ne les ai pas trop dégoûtés (bon ça c’était avant que je leur donne leurs notes…)

Quoi qu’il en soit, il se pourrait qu’ils me revoient, puisque je vais sans doute signer pour une saison supplémentaire…

photo : Mad Professor Forest Green Compressor | terekhova

kiff se prof, déçu de ne pas l’avoir eu toute l’année!

EbookZ : l’offre numérique illégale des livres français sur Internet

Suite du compte-rendu, assuré en binôme avec Nicolas, des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se sont déroulées à Lille, les 17 et 18 mai.

Retrouvez la couverture en direct ici, et le support de présentation .

Mathias Daval (Edysseus Consulting) / le MOTif

Présentation des résultats d’une étude, la première réalisée en France sur l’offre illégale de ebooks disponibles sur Internet.

Le piratage numérique est difficile à cerner, beaucoup d’idées préconçues et donc de fantasmes chez les acteurs du livre sur ce phénomène. Le piratage de livre est-il un enjeu réel pour les acteurs du livre? Il reste encore marginal par rapport aux industries musicales et cinématographiques, et il en est peu fait mention dans les rapports Pattino (au sujet des DRM) et Gaymard (qui évoque le problème).
Le terme « ebookZ » désigne les ebooks piratés et disponibles sur le Web, qu’il s’agisse de livres, ou de la presse (qui représente 3/4 des fichiers échangés).

  • Qui sont les pirates?

Il n’y pas de profil type, ça va de l’internaute lambda qui met à disposition quelques fichiers (pour le téléchargement sur une plate-forme, ou par courriel), aux équipes mieux organisées (y compris au sein des milieux universitaires et bibliothécaires), qui proposent des « how to » en ligne, sur la façon de bien scanner un livre pour le mettre à disposition en téléchargement [« Libérez vos livres, le guide pour scanner des livres et des magazines »]. Scannés manuellement (de 6h à 10h pour scanner un livre), la plupart des fichiers sont de bonne qualité -29.7Mo en moyenne-, à l’instar de ce qui se pratique dans le domaine du « scantrad », qui diffuse des mangas en ligne, avec un travail soigné.

  • Méthodologie

L’étude porte sur l’ensemble des textes piratés (sauf la presse), elle concerne les contenus payants et sous droits, sans tenir compte des traductions.
Les fichiers étudiés ont été repérés sur les réseaux de P2P, ( eDonkey et bittorrent), mais également sur l’IRC et UseNet. Les téléchargements directs et les visionnements sur le Web ont également été pris en compte. Les auteurs de l’étude on noté une forte utilisation du réseau eDonkey, mais en baisse au profit du téléchargement direct (une conséquence d’Hadopi? L’étude a été réalisée sur un échantillon de 900 fichiers (livres, BD et livres audio).

  • Résultats

Moins de 1% des livres sont piratés,  soit de 4 000 à 6 000 titres, dont 3 000 à 4 500 bandes dessinées. La plupart des fichiers sont peu accessibles (0 à 1 source partageant le fichier), c’est une forme de piratage encore résiduelle, qui progressera en lien avec celle des livrels et de la mise à disposition de catalogues légaux.
Le format le plus fréquent est le PDF (80% des livres, 40% des BD), quelques Word. Les livres audio sont à 95% en MP3. 77% des ouvrages sont de bonne qualité : mise en page restituée, pagination respectée, réalisés par des équipes organisées (deux équipes majeures à l’œuvre).

  • Quels types de livres?

Les 4 éditeurs les plus piratés sont Gallimard, Eyrolles, Dunod et Hachette.
Les thématiques : romans, essais et livres pratiques représentent plus de 1/4 des livres piratés. Ils sont facilement consultables en fichier (mise en page) et répondent à un besoin immédiat.

STM, philosophie, cuisine, Science-Fiction et informatique sont les thématiques les plus représentées. Les auteurs les plus piratés sont (en nombre de titres piratés disponibles), Gilles Deleuze, Bernard Werber, Amélie Nothomb, Frédéric Beigbeder et J.K. Rowling, et les titres les plus partagés « Le Sexe pour les nuls », « Harry Potter », « Le grand livre de cuisine », « Twilight », « Les fourmis », « Le petit prince » et « L’alchimiste ». Cela traduit un besoin de titres non disponibles au format numérique (95% des livres piratés ne disposent pas d’une offre numérique légale), et change le portrait type du pirate. Enfin, seuls 8% des titres figurant dans le top 50 des ventes papier (classement Livres Hebdo) sont disponibles en version pirate.

  • Les préconisations du MOTIF

Développer une offre numérique légale de qualité et conséquente, développer des stratégies de référencement pour faire apparaitre l’offre légale en bonne place dans les moteurs de recherche, développer les alertes et la surveillance autour des titres, mettre en œuvre des formations pour éviter la fracture numérique entre gros et petits éditeurs. Enfin, ne pas mener une guerre contre les lecteurs.

  • Réflexions

Un téléchargement illégal signifie-t-il une vente en moins? Quelques éditeurs ont tenté l’expérience de l’édition libre (l’Éclat).
Le MOTIF a créé un observatoire du livre numérique, et mettra à jour les chiffres de cette étude, réalisera un portrait des pirates, une étude comparative des plates formes légales et illégales de mise à disposition des fichiers.

  • Questions du public

Comment repérer l’offre illégale : faire une typologie des réseaux de diffusion, puis sur ces réseaux, identifier les titres de fichiers qui comportent des mots clés caractéristiques (ebook(s), livre(s), ou titres, ou noms d’éditeurs).

Concernant la disponibilité de ebooks au format epub sur ces plates formes : très peu, l’offre légale au format epub étant proche de 0 au moment de l’étude.

Question concernant la reprise des fichiers piratés comme pour le jeu vidéo? le milieu de l’édition est très différent. D’ailleurs le piratage ne fait pas « peur » aux petits éditeurs qui voient là un moyen de diffusion. Concernant la reprise de fichiers pirates, elle nécessiterait trop de travail en amont pour en vérifier la qualité, donc des coûts trop importants.

Question sur les initiative du type Studentbay dans le milieu universitaire : l’offre illégale a été retirée du site, il n’y a pas équivalent en France. Les ouvrages les plus diffusés sont les livres de médecine. Les éditeurs restent vigilants à cette diffusion.

Quid de la présence de fichier pirates sur les liseuses prêtées par les BU : expérience encore trop récente à Toulon pour tirer des conclusions. Pas d’étude spécifique à Angers sur ce type d’usage. Les usagers se contenteraient a priori de l’offre préchargée, ou de l’offre indiquée.

photo : T' Jolly Roger, aye. | par Nick  Humphries

Cartable électronique et enseignement

Suite du compte-rendu, assuré en binôme avec Nicolas, des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se sont déroulées à Lille, les 17 et 18 mai.

Retrouvez la couverture en direct ici, et le support de présentation .

Gilles Braun, Ministère de l’Éducation Nationale

Retours sur une expérimentation en cours (2009-2014), portant sur la fourniture de manuels scolaires sous forme numérique à des classes de 6ème et de 5ème, qui concerne 65 collèges en France (15000 élèves, 700 enseignants).

  • Quels constats faire un an après?

Ce qui se passe chez les éditeurs scolaires aura une incidence sur l’édition numérique (qui représente un marché de 230 millions d’€/an en France).

Le manuel sous forme numérique remet en question la durée de vie « traditionnelle » d’un manuel => le livre peut être gardé, il sera augmenté et enrichi avec les mises à jour.

Quelle place pour les libraires, dont le chiffre d’affaires (au moins en partie) est assuré par ces commandes scolaires?

L’accès aux ressources se fait via un ENT, ce qui implique une nouvelle forme de travail, et des nouveaux moyens de travail (équipements informatiques, connexions).

Gilles Braun aborde aussi la question de la concurrence entre les éditeurs, au moment de définir les fonctionnalités de lecture inhérentes au manuel. Trois éditeurs développent ces manuels, il y a trois modes de lectures, avec chacun leurs fonctionnalités annexes et propres.

Parmi les avantages de ce manuel numérique, l’accès à l’image et au son pour enrichir les contenus, et une plus grande accessibilité pour les publics en situation de handicap (visuel, malentendant). En revanche, le fait de ne pas pouvoir situer sa progression, comme on le ferait avec un manuel « papier » en regardant les pages qu’il reste à lire semble être un inconvénient.

Se pose enfin la question de ce corpus, qui n’est plus limité : quand est-on dans l’ouvrage? quand en sort-on? On passe d’une offre de contenus, à une offre de services.

Bilan des enquêtes sur le livre électronique | Ministère de la Culture

A la demande de Couperin, et en binôme avec Nicolas, j’assure un compte-rendu en léger différé des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se tiennent aujourd’hui et demain à Lille.

Une couverture en direct est disponible ici, le support de la présentation .

Anne-Sophie Metais, Rémi Gimazane – Ministère de la Culture

Présentation des résultats concernant les « publics étudiants », d’une étude  menée sur 6 mois, lancée en sept. 2009

Objectifs de l’étude (différents modes de passation) : évaluer (la notoriété et la pénétration, l’attrait) ; segmenter et décrire (les utilisateurs actuels, les publics potentiels) ; comprendre (les opinions et les attentes, les motivations et les freins).

49% des étudiants ont « déjà entendu parler du livre numérique » (47% pop. française 15 ans et +)

Pour les étudiants le livre électronique c’est 1) un fichier numérique 2) une tablette électronique dédiée à la lecture.

12% étudiants lisent des livres numériques (1% beaucoup, 6% quelques uns, 5% seulement un) => gros lecteurs sont très restreints. La lecture se fait majoritairement sur ordinateur (portable), sur smartphone (12,1%), les liseuses ne sont pas encore généralisées.

Publics actuels : hommes jeunes, très technophiles et grands lecteurs

Publics potentiels : femmes, peu technophiles, grandes lectrices

Les freins au dvpt du ebook: lecture à l’écran, absence de contact avec le livre (attachement au support)

Motivation pour le livre électronique : livres moins chers qu’au format papier ; accès aux titres épuisés sous forme papier ; accès facile et instantané ; transport et stockage plus aisés. Les réponses traduisent un attachement au papier.

Sujets lus : livres scientifiques et pratiques (la lecture se fait pour des raisons professionnelles chez les étudiants, pour des raisons pratiques dans le reste de la population)

Contenus majoritairement pris gratuitement en ligne (Gallica, réseaux de partage)

La lecture apparait moins confortable que sur papier.

Confort de lecture, prix, temps de chargement des pages sont les 3 critères les plus importants.

Ordinateurs portables et liseuses apparaissent comme les supports les plus évidents pour lire un ebook.

Facteurs de succès : le prix, les possibilités offertes par le numérique (contenus enrichis), possibilité de copie et de transfert