Of horses and librarians

Je suis allé mardi soir aux Nuits de Fourvière, assister à la représentation du spectacle We Were Horses, création de Carolyn Carlson et Bartabas, sur une musique de Philippe Glass.

Avec le petit-coussin-qui-va-bien, on nous a distribué à l’entrée une petite brochure présentant le spectacle et ses auteurs (photos, interviews, parcours respectifs). Et au milieu de cette brochure était glissé un flyer émanant de… la BM de Lyon.

Intitulé « Pour aller plus loin avec la bibliothèque municipale de Lyon… les bibliothécaires vous proposent une sélection de documents », ce flyer présente une sélection de documents issus des fonds des BM de Lyon en rapport avec le spectacle (en l’occurrence 2 DVD et 2 livres sur Carolyn Carlson, le CD de Music in Twelve Parts de Philippe Glass, les DVD des spectacles de Bartabas, et des livres sur lui ou de lui).
Je trouve l’idée intéressante. Certes tout le monde n’était pas lyonnais et encore moins bibliothécaire (nul n’est parfait) parmi les 2800 spectateurs hier soir, mais ça a peut-être rappelé à certains que la Part-Dieu abrite aussi une bibliothèque…

D’après les renseignements pris aujourd’hui par téléphone auprès de l’organisation (dont je salue la disponibilité et la gentillesse ici, merci), cette expérience, à l’initiative des Nuits de Fourvière, sera renouvelée avec les spectacles de danse, opéra et théâtre proposés cette année (en fait les spectacles qui donnent lieu à l’édition d’un programme dans lequel glisser le dit flyer).
Les bibliothèques de la Part-Dieu, du Bachut, du Point du Jour et de Vaise proposent chacune une sélection de documents sur des étagères aux couleurs des Nuits de Fourvière (fournies par les Nuits), permettant ainsi à leurs usagers de préparer et/ou prolonger ces Nuits de Fourvière. En revanche, je n’ai rien trouvé à ce propos sur leur site Web.

Vous aviez déjà vu/fait ça ?

Sinon très chouette spectacle, beaux canassons, et merci à la pluie d’avoir attendu la fin de la représentation pour se manifester.

Prochainement je ferai preuve d’abnégation et irai vérifier si la Bibliothèque de Montreux (CH) fait la même chose pendant le festival de Jazz, mais c’est bien parce que c’est vous 😉

Persée, le point de vue de Lyon 2

(Màj 10/03, 18h17) : Les personnels de Persée répondent à cette mise au point sur leur page Facebook.

Je reproduis ci-après la mise au point de l’université Lyon 2 suite à la pétition lancée pour « sauver Persée »:
Mise au point concernant la situation du Programme PERSEE
Une pétition relative au programme national de numérisation PERSEE vient d’être mise en ligne. Cette pétition relate une certain nombre d’inquiétudes relatives au devenir du Programme PERSEE et fait à la présidence de notre une université un certain nombre de griefs et rapporte un certain nombre de faits totalement inexacts.
En tout état de cause, contrairement à ce qui est indiqué dans la pétition, le programme PERSEE n’est absolument pas en danger.

C’est précisément pour pérenniser cette structure de grande qualité et lui permettre de disposer des moyens nécessaires à son développement que l’Université Lumière Lyon 2 a décidé de faire droit sans délai aux demandes répétées du directeur du Programme PERSEE de créer une unité mixte de services CNRS, rattachée au PRES-Université de Lyon, suivant ainsi les recommandations de l’AERES.

Le programme PERSEE va donc simplement changer de porteur et EN AUCUN CAS SA DISPARITION, ANNONCEE PAR LA PETITION, N’A ETE ENVISAGEE.

Le bureau du PRES-Université de Lyon 2 a voté le 1er mars dernier le principe d’un rattachement de PERSEE au PRES-Université de Lyon.

Le Ministère et le CNRS ont rappelé à plusieurs reprises leur soutien à ce programme. Lors d’une rencontre avec la direction du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche le 3 mars 2011, l’Université Lyon 2 a garanti que cette réorganisation se ferait dans les meilleures conditions pour les personnels. Tous les contrats des personnels sont évidemment garantis. Le Ministère a quant à lui réaffirmé sa volonté de soutenir PERSEE, tout comme le CNRS.
La présidence souhaite apporter à la communauté universitaire tous les éléments utiles à la compréhension de ce dossier.
Rappel des faits
Notre université a signé le 15 octobre 2003 puis le 2 mai 2007 deux conventions relatives à la mise en oeuvre d’un programme national, de la responsabilité du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, de numérisation, de traitement documentaire, de diffusion, et de la valorisation scientifique portant l’acronyme de PERSEE.
Ces conventions, tripartites (Lyon 2, Centre Informatique nationale de l’Enseignement Supérieur, Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche), qui engagent financièrement notre université, n’ont à l’époque fait l’objet d’aucune présentation, d’aucun débat et d’aucun vote devant les instances représentatives de l’Université (le conseil scientifique et le conseil d’administration). Cette situation institutionnelle explique d’ailleurs que l’équipe présidentielle n’a pas fait figurer PERSEE dans le bilan du quadriennal 2007-2010.
A travers la convention de 2007, l’Université s’engage à mettre à disposition, sur ses propres ressources en personnels, une équipe de 4 fonctionnaires titulaires de catégorie A : deux ingénieurs de recherche, un ingénieur d’études, 1 conservateur des bibliothèques (article 3 de la convention). Au titre de l’année 2010, la prise en charge de ces postes représente une masse salariale de 231 000 euros. Par ailleurs, le programme PERSEE occupe de fait près de 300 m2 de locaux de Lyon 2 dans le dôme de l’Université, situés 18 quai Claude Bernard et bénéficie de tous les services offerts par l’Université Lyon 2.
Par ailleurs, l’équivalent de 12 personnels à temps plein (contractuels ou vacataires) est employé par l’Université Lumière Lyon 2 et rémunérés sur le budget PERSEE alloué par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, correspondant au total à une dotation annuelle de 500 000 euros par an.
Il faut noter enfin qu’en dépit des moyens considérables mis à disposition par l’Université Lumière Lyon 2, notre établissement ne dispose à travers cette convention d’aucun pouvoir décisionnel sur le programme, à telle enseigne que :
– notre établissement est totalement absent, par exemple, du processus de nomination du directeur du programme PERSEE.
– notre établissement est totalement absent du comité de pilotage de PERSEE
– le bilan annuel d’activité et le bilan général du programme PERSEE n’est pas transmis à l’Université
– le conseil d’administration de notre université ne se prononce pas sur le bilan du programme PERSEE et ses orientations.
Bilan de l’activité de PERSEE
Il ressort de l’analyse financière du programme PERSEE, rattaché sur le plan budgétaire à la direction de la Recherche que l’Université Lumière Lyon 2 a dû supporter sur ses ressources propres 3 années de déficits consécutifs à hauteur de 98 346 euros en 2007, 129 471 euros en 2008, 87 552 euros en 2009, soit un total déficitaire de 315 023 euros en trois ans. Le budget 2010 présente lui en excédent inhabituel de 98 594 euros qu’il faut davantage attribuer à l’arrêt précoce du paiement des factures du fait du passage à SIFAC qu’on a un inattendu souci des équilibres financiers. Plus les coûts récurrents.
Par ailleurs, il faut noter que le passage aux responsabilités et compétences élargies fera peser directement sur la dotation de notre établissement dans 9 mois les traitements des 4 fonctionnaires rémunérés sur le budget « Etat ».
Situation pour l’année 2011

La situation du programme PERSEE au sein de notre université soulève des interrogations qui ne mettent aucunement en doute la légitimité d’un tel programme, son intérêt pour les Sciences Humaines et Sociales. Il est en revanche tout aussi légitime de s’interroger sur l’opportunité pour notre établissement, par ailleurs notoirement sous doté en moyens, en personnels et en locaux disponibles, de supporter à lui seul les efforts financiers d’un programme national.
De plus, c’est le rapport de l’AERES, consultable à l’adresse suivante http://www.aeres-evaluation.fr/content/download/15391/252489/file/AERES-S1-Programme%20Pers%C3%A9e.pdf qui a proposé le rattachement de PERSEE au PRES-Université de Lyon dans le cadre du prochain contrat quinquennal :
« La création du PRES (…) est une opportunité pour PERSEE de s’inscrire dans le cadre des initiatives d’excellence (…) et de renforcer sa lisibilité et sa pérennité »
 » PERSEE doit s’affranchir d’un mode de fonctionnement répondant à un cahier des charges ministériel et faire valoir ses propres stratégies de développement »
La présidence a rencontré à plusieurs reprises depuis plus d’un an la direction de PERSEE sur la question du portage institutionnel du programme. Les responsables administratifs de PERSEE ont été régulièrement reçus par M. le directeur général des services.
C’est d’ailleurs la direction de PERSEE qui, en premier lieu, a fait connaître à la présidence sa volonté de voir PERSEE évoluer en dehors de notre établissement, sous la forme d’une unité mixte de service CNRS. L’Université Lyon 2 a  immédiatement soutenu cette demande auprès du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et du CNRS.
Conformément à cette orientation, la présidence de Lyon 2 a donc pris l’initiative d’informer les deux autres partenaires du Programme PERSEE de la dénonciation de la convention de 2007, afin d’ouvrir dans la période des trois mois qui viennent, une période de discussion et de négociation relative au transfert de cette activité vers une autre structure, en l’occurrence le PRES. Cette question devant être réglée avant la signature du prochain contrat quinquennal 2011-2015 qui interviendra fin mai-début juin. Il n’y a eu dans ce dossier aucune précipitation.
La présidence a demandé la semaine dernière à pouvoir rencontrer les personnels de Lyon 2 affectés au programme PERSEE afin de les informer de la nature de changements qui vont se produire. Cette demande de rencontre n’a pas pu être satisfaite en raison de la période de congés de certains personnels. Une rencontre a été programmée jeudi 17 mars 2011. Par ailleurs, un point d’information aura lieu lors du conseil d’administration du 18 mars.
La présidence de l’Université Lumière Lyon 2

Quote of the day

« If the online world is not for you, then neither may be a career in librarianship. »

Ce n’est pas moi qui le dit, mais Michael Stephens, dans cet article paru dans le Library Journal en octobre dernier (et que, à ma connaissance, personne n’avait signalé).

Morceaux choisis :

  • « The most prevalent LIS jobs in the next few years will probably be ones where you’re not tied to your desk and you communicate well beyond the physical walls of the building. »
  • « Librarians must find their niche as well. Five years ago the conversation went on in blogs. Now it flows vibrantly across media platforms, enabling a stronger connection with library users through marketing, outreach, and the human touch. »

Il y a aussi de jolis passages sur les modalités d’apprentissage en LIS. Un article qui reste encore et toujours d’actualité au moins de ce côté-ci de l’Atlantique, remember « Grand Corps Malade » de Daniel Bourrion…

IMG_0320.JPGphoto © 2009 Gill Wildman | more info (via: Wylio)

The most prevalent LIS jobs in the next few years will probably be ones where you’re not tied to your desk and you communicate well beyond the physical walls of the building.

SAV du Bibcamp

Rapide retour sur le bibcamp qui s’est tenu à la BU d’Angers le 15 janvier dernier.

Sur la forme:
De toutes les journées d’études/conférences/rencontres auxquelles j’ai pu assister, et de toutes celles que j’ai pu organiser (c’était un peu mon métier avant que je rejoigne le côté clair de la force), je crois que c’est une des plus abouties à laquelle il m’ait été donné de participer, avec une organisation carrée sans être rigide (j’ai même vu des organisateurs plaisanter) et un timing respecté. Et on se sentait un poil attendu aussi : signalisation aux abords de la BU, signalétique qui va bien dans la BU à destination des participants ET des étudiants, enveloppe avec tout ce dont on avait besoin pour la journée (dont les sacro-saints codes pour se connecter au réseau Wi-Fi).

Sur le fond:
Les participants étaient prévenus, s’ils venaient là, c’était pour bosser. En même temps, vous me direz que celui qui va jusqu’à Angers un samedi de janvier (et qui se prive par conséquent d’au moins une sortie ski) sans participer… Et on a bien bossé je trouve, beaucoup d’échanges dans les ateliers, et entre, puisque un temps conséquent était prévu pour ça.

J’ai participé à 2 ateliers:

« La conquête des réseaux sociaux » me laisse à penser, à froid, qu’il faut d’abord conquérir les collègues… Beaucoup de questions révèlent une méconnaissance de ces réseaux sociaux, et une appréhension relative à leur éventuelle utilisation en bibliothèque. Également beaucoup de questions pratiques adressées à Daniel Bourrion, l’animateur de l’atelier, sur les pages Facebook des BU d’Angers (Qui administre? Qui rédige les posts? Comment on met les billets d’un blog sur Facebook?)
Et puis des questions que l’on (se) pose quand ça concerne les réseaux sociaux, pour titiller leur utilité/légitimité, ou peut-être pour se rassurer, en se disant qu’on ne peut pas mettre en place un outil qui ne soit pas parfaitement abouti : « Ah mais vous n’avez QUE 1200 fans sur 17000 étudiants? » Alors qu’on devrait se dire qu’il y a 1200 étudiants qui ont choisi de recevoir les infos de la BU via Facebook non?… ; « Vous avez des stats? -Sur quoi? -Bah des stats ». Et des stats sur le pauvre cahier de liaison « BU/usagers » qui trône sur/derrière chaque banque de prêt/accueil de chaque bibliothèque, on en fait? Dans ma BU, la dernière remarque faite sur le cahier de liaison date de… janvier 2010 (bon, on peut aussi partir du principe que tout roule à la BU hein).

Celui sur les «nouveaux espaces» a été rondement mené et animé par Nathalie Clot, impossible de se défiler sous peine de rappel à l’ordre (pardon m’dame, je le referai plus).

Compte-rendu très complet par Fabrizio Tinti, sur le blog du Bibcamp.

J’ai enfin animé l’atelier « Innover et réussir par l’échec » (aka « failcamp »).

J’ai trouvé très peu de littérature sur le sujet (consacrée aux bibliothèques), et peu de témoignages disponibles en préparant l’atelier. Pourtant, à en juger par les échanges entre participants, il y a un réel besoin de pouvoir parler de l’échec, pour dire qu’on s’est planté, et ensuite en tirer parti.

Rien dans le BBF, rien en ligne, ou très peu. C’est Nicolas Morin, dans BiblioAcid qui appelait de ses vœux le partage d’expériences ratées. C’était en juin 2004, et rien de chez rien depuis, à l’exception de la série « La loose » entamée chez Daniel Bourrion fin 2010. Nos collègues américains sont à peine plus avancés que nous. Quelques exemples d’échecs ont été relatés lors du Failcamp qui s’est déroulé pendant la conférence Internet Librarian 2010. Quant aux tentatives de mutualisation d’expériences malheureuses, elles se sont soldées par… un échec! Le wiki Libsuccess.org (sur le partage d’expériences) a une page « Learning from failure » désespérément vide, au grand dam de Walt Crawford « And, in a mere three months with publicity elsewhere, we’ve seen the number of shared failures I was more-or-less expecting here: Zero. Why am I not surprised? » De même, la tentative de connexion sur la page « Learning from failure » du Library Leadership Network se solde par un échec. Quand ça veut pas, ça veut pas…

Compte-rendu beaucoup plus complet par Yann Marchand sur le blog du Bibcamp, que je remercie pour la prise de notes.

Open Access Week 2010, c’est fini

L’OA Week 2010 s’est achevée hier, un rapide bilan :

Le groupe Open Access France compte aujourd’hui 23 membres, ce qui en fait le deuxième groupe le plus important (sur 40 constitués), derrière les Sud-Africains.
La vidéo que nous avons traduite et sous-titrée a été vue 461 fois (238 sur YouTube, 144 sur OAW.org, 79 sur DotSub).

Au plan local, chez moi, outre un message à caractère informatif sur notre site Web présentant l’OAWeek 2010 et proposant la vidéo, j’ai envoyé un mail à tous les enseignants-chercheurs et doctorants de l’Université, leur indiquant notamment la possibilité de déposer leurs travaux dans notre HAL.
Résultat? 2 réponses. Une pour me dire que l’info était déjà connue grâce à ce blog (merci), et l’autre pour nous demander comment faire pour déposer dans notre HAL.

C’est un début…

Open Access Week 2010

Du 18 au 24 octobre, c’est l’Open Access Week.
Une semaine pour présenter et promouvoir l’Open Access. Avec quelques compères du groupe Open Access France, nous avons traduit et sous-titré une vidéo de SPARC, présentant les enjeux de l’Open Access.

La vidéo est disponible ici (pas moyen de l’embedder dans le billet, WordPress et DotSub sont fâchés…) ou lisible dans le widget disponible dans le menu de droite.

Et vous, vous faites quoi cette semaine?

P.R.O.F.

J’ai donné en avril et mai des cours à des L1 « Info-Com » de l’IMUS. Comment suis-je tombé si bas en suis-je arrivé là me direz-vous? Eh ben personne n’a été capable de me le dire. Comme je vous le narrais dans un billet précédent, je pense que c’est un des effets secondaires de l’opération « Empruntez Gaël », je ne vois pas d’autre explication.

J’ai reçu un jour un coup de fil, et on me demandait mes préférences de salle/horaires pour mes cours, censés commencer 3 semaines plus tard… C’était comme ça, j’étais inscrit sur les maquettes, 100h de cours à assurer/assumer… Intéressé par le challenge (faire le malin derrière un écran ça je sais faire, devant 40 étudiants avides de savoir et de connaissance je n’avais jamais essayé), j’ai donné mon accord pour 50h, réparties en 5 séances de 2h, pour 5 groupes de 40 étudiants (en fait je n’ai pu assurer que 30h). Et sur quoi me demandait-on d’intervenir? « Logiques de l’argumentation », rien de moins. Bien qu’étant hyper compétent en « logiques de l’argumentation », j’ai averti mon interlocutrice que moi mon truc c’était plutôt la docélec. On s’est mis d’accord sur un programme, (carte blanche, ça m’allait bien comme programme) et un calendrier. Je leur ai donc parlé de l’ « environnement documentaire à l’Université » (ressources documentaires, catalogues, site Web), fait un peu de « recherche documentaire » (les bases théoriques) et on a fini par un cours/débat sur Google, avec une petite dose de RSS.

Résultat des courses?

Expérience très intéressante, rien de tel que d’être confronté à « son public » pour se retrouver en face de vérités pas toujours agréables à entendre…
Des exemples? « Vous connaissez notre catalogue/site Web? –Non, y’a Google« , « Bon alors, la recherche documentaire… –Mais M’sieur, y’a Google« , « M’sieur, pourquoi vous mettez SCD et pas BU sur votre site Web?« , « M’sieur, c’est vous qui avez choisi les couleurs? [cf. charte graphique de l’Université…] » « M’sieur, pourquoi on doit chercher dans plein de trucs différents, parce qu’avec Google au moins…?« , « M’sieur, la BU on dirait un CDI« , j’en passe et des meilleures.
Pas mal d’éléments sur lesquels on doit réfléchir, s’il n’est pas trop tard, je pense là à notre catalogue de BU vs Google, à notre présence en ligne. Bien qu’il n’y ait point de salut pour eux en dehors de Google (vous vous êtes déjà retrouvé face à 30 MacBook et leurs pommes allumées, avec derrière, 30 étudiants qui vérifient en « live » la véracité de vos propos?) ils ne savent rien du géant de Mountain View, et plus largement rien des outils qu’ils pratiquent quotidiennement. Et je dirai même plus, ils s’en f******. J’exagère, j’ai eu droit à quelques envolées à l’évocation de la pub ciblée (avec démos en direct, on ne fait pas plus efficace), ou encore en évoquant les fameuses conditions d’usage de Facebook, qu’aucun d’entre eux ne connaissait. Là aussi, certains se sont vite plongés derrière leurs écrans.

Au final, je me dis qu’on doit les former à nos ressources évidemment, mais aussi (et surtout?) à cet environnement numérique dont ils usent et abusent, mais qu’ils ne connaissent pas.

Quant à savoir comment je me suis débrouillé en tant que « prof », à en juger par les « je le kiffe ce prof, déçu de ne pas l’avoir eu toute l’année! » (vu sur le mur Facebook d’un de « mes » étudiants) et autres « M’sieur vous voudriez pas aussi faire prof d’anglais et d’histoire des arts?« , je me dis que je ne les ai pas trop dégoûtés (bon ça c’était avant que je leur donne leurs notes…)

Quoi qu’il en soit, il se pourrait qu’ils me revoient, puisque je vais sans doute signer pour une saison supplémentaire…

photo : Mad Professor Forest Green Compressor | terekhova

kiff se prof, déçu de ne pas l’avoir eu toute l’année!

EbookZ : l’offre numérique illégale des livres français sur Internet

Suite du compte-rendu, assuré en binôme avec Nicolas, des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se sont déroulées à Lille, les 17 et 18 mai.

Retrouvez la couverture en direct ici, et le support de présentation .

Mathias Daval (Edysseus Consulting) / le MOTif

Présentation des résultats d’une étude, la première réalisée en France sur l’offre illégale de ebooks disponibles sur Internet.

Le piratage numérique est difficile à cerner, beaucoup d’idées préconçues et donc de fantasmes chez les acteurs du livre sur ce phénomène. Le piratage de livre est-il un enjeu réel pour les acteurs du livre? Il reste encore marginal par rapport aux industries musicales et cinématographiques, et il en est peu fait mention dans les rapports Pattino (au sujet des DRM) et Gaymard (qui évoque le problème).
Le terme « ebookZ » désigne les ebooks piratés et disponibles sur le Web, qu’il s’agisse de livres, ou de la presse (qui représente 3/4 des fichiers échangés).

  • Qui sont les pirates?

Il n’y pas de profil type, ça va de l’internaute lambda qui met à disposition quelques fichiers (pour le téléchargement sur une plate-forme, ou par courriel), aux équipes mieux organisées (y compris au sein des milieux universitaires et bibliothécaires), qui proposent des « how to » en ligne, sur la façon de bien scanner un livre pour le mettre à disposition en téléchargement [« Libérez vos livres, le guide pour scanner des livres et des magazines »]. Scannés manuellement (de 6h à 10h pour scanner un livre), la plupart des fichiers sont de bonne qualité -29.7Mo en moyenne-, à l’instar de ce qui se pratique dans le domaine du « scantrad », qui diffuse des mangas en ligne, avec un travail soigné.

  • Méthodologie

L’étude porte sur l’ensemble des textes piratés (sauf la presse), elle concerne les contenus payants et sous droits, sans tenir compte des traductions.
Les fichiers étudiés ont été repérés sur les réseaux de P2P, ( eDonkey et bittorrent), mais également sur l’IRC et UseNet. Les téléchargements directs et les visionnements sur le Web ont également été pris en compte. Les auteurs de l’étude on noté une forte utilisation du réseau eDonkey, mais en baisse au profit du téléchargement direct (une conséquence d’Hadopi? L’étude a été réalisée sur un échantillon de 900 fichiers (livres, BD et livres audio).

  • Résultats

Moins de 1% des livres sont piratés,  soit de 4 000 à 6 000 titres, dont 3 000 à 4 500 bandes dessinées. La plupart des fichiers sont peu accessibles (0 à 1 source partageant le fichier), c’est une forme de piratage encore résiduelle, qui progressera en lien avec celle des livrels et de la mise à disposition de catalogues légaux.
Le format le plus fréquent est le PDF (80% des livres, 40% des BD), quelques Word. Les livres audio sont à 95% en MP3. 77% des ouvrages sont de bonne qualité : mise en page restituée, pagination respectée, réalisés par des équipes organisées (deux équipes majeures à l’œuvre).

  • Quels types de livres?

Les 4 éditeurs les plus piratés sont Gallimard, Eyrolles, Dunod et Hachette.
Les thématiques : romans, essais et livres pratiques représentent plus de 1/4 des livres piratés. Ils sont facilement consultables en fichier (mise en page) et répondent à un besoin immédiat.

STM, philosophie, cuisine, Science-Fiction et informatique sont les thématiques les plus représentées. Les auteurs les plus piratés sont (en nombre de titres piratés disponibles), Gilles Deleuze, Bernard Werber, Amélie Nothomb, Frédéric Beigbeder et J.K. Rowling, et les titres les plus partagés « Le Sexe pour les nuls », « Harry Potter », « Le grand livre de cuisine », « Twilight », « Les fourmis », « Le petit prince » et « L’alchimiste ». Cela traduit un besoin de titres non disponibles au format numérique (95% des livres piratés ne disposent pas d’une offre numérique légale), et change le portrait type du pirate. Enfin, seuls 8% des titres figurant dans le top 50 des ventes papier (classement Livres Hebdo) sont disponibles en version pirate.

  • Les préconisations du MOTIF

Développer une offre numérique légale de qualité et conséquente, développer des stratégies de référencement pour faire apparaitre l’offre légale en bonne place dans les moteurs de recherche, développer les alertes et la surveillance autour des titres, mettre en œuvre des formations pour éviter la fracture numérique entre gros et petits éditeurs. Enfin, ne pas mener une guerre contre les lecteurs.

  • Réflexions

Un téléchargement illégal signifie-t-il une vente en moins? Quelques éditeurs ont tenté l’expérience de l’édition libre (l’Éclat).
Le MOTIF a créé un observatoire du livre numérique, et mettra à jour les chiffres de cette étude, réalisera un portrait des pirates, une étude comparative des plates formes légales et illégales de mise à disposition des fichiers.

  • Questions du public

Comment repérer l’offre illégale : faire une typologie des réseaux de diffusion, puis sur ces réseaux, identifier les titres de fichiers qui comportent des mots clés caractéristiques (ebook(s), livre(s), ou titres, ou noms d’éditeurs).

Concernant la disponibilité de ebooks au format epub sur ces plates formes : très peu, l’offre légale au format epub étant proche de 0 au moment de l’étude.

Question concernant la reprise des fichiers piratés comme pour le jeu vidéo? le milieu de l’édition est très différent. D’ailleurs le piratage ne fait pas « peur » aux petits éditeurs qui voient là un moyen de diffusion. Concernant la reprise de fichiers pirates, elle nécessiterait trop de travail en amont pour en vérifier la qualité, donc des coûts trop importants.

Question sur les initiative du type Studentbay dans le milieu universitaire : l’offre illégale a été retirée du site, il n’y a pas équivalent en France. Les ouvrages les plus diffusés sont les livres de médecine. Les éditeurs restent vigilants à cette diffusion.

Quid de la présence de fichier pirates sur les liseuses prêtées par les BU : expérience encore trop récente à Toulon pour tirer des conclusions. Pas d’étude spécifique à Angers sur ce type d’usage. Les usagers se contenteraient a priori de l’offre préchargée, ou de l’offre indiquée.

photo : T' Jolly Roger, aye. | par Nick  Humphries

Cartable électronique et enseignement

Suite du compte-rendu, assuré en binôme avec Nicolas, des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se sont déroulées à Lille, les 17 et 18 mai.

Retrouvez la couverture en direct ici, et le support de présentation .

Gilles Braun, Ministère de l’Éducation Nationale

Retours sur une expérimentation en cours (2009-2014), portant sur la fourniture de manuels scolaires sous forme numérique à des classes de 6ème et de 5ème, qui concerne 65 collèges en France (15000 élèves, 700 enseignants).

  • Quels constats faire un an après?

Ce qui se passe chez les éditeurs scolaires aura une incidence sur l’édition numérique (qui représente un marché de 230 millions d’€/an en France).

Le manuel sous forme numérique remet en question la durée de vie « traditionnelle » d’un manuel => le livre peut être gardé, il sera augmenté et enrichi avec les mises à jour.

Quelle place pour les libraires, dont le chiffre d’affaires (au moins en partie) est assuré par ces commandes scolaires?

L’accès aux ressources se fait via un ENT, ce qui implique une nouvelle forme de travail, et des nouveaux moyens de travail (équipements informatiques, connexions).

Gilles Braun aborde aussi la question de la concurrence entre les éditeurs, au moment de définir les fonctionnalités de lecture inhérentes au manuel. Trois éditeurs développent ces manuels, il y a trois modes de lectures, avec chacun leurs fonctionnalités annexes et propres.

Parmi les avantages de ce manuel numérique, l’accès à l’image et au son pour enrichir les contenus, et une plus grande accessibilité pour les publics en situation de handicap (visuel, malentendant). En revanche, le fait de ne pas pouvoir situer sa progression, comme on le ferait avec un manuel « papier » en regardant les pages qu’il reste à lire semble être un inconvénient.

Se pose enfin la question de ce corpus, qui n’est plus limité : quand est-on dans l’ouvrage? quand en sort-on? On passe d’une offre de contenus, à une offre de services.