SAV du Bibcamp

Rapide retour sur le bibcamp qui s’est tenu à la BU d’Angers le 15 janvier dernier.

Sur la forme:
De toutes les journées d’études/conférences/rencontres auxquelles j’ai pu assister, et de toutes celles que j’ai pu organiser (c’était un peu mon métier avant que je rejoigne le côté clair de la force), je crois que c’est une des plus abouties à laquelle il m’ait été donné de participer, avec une organisation carrée sans être rigide (j’ai même vu des organisateurs plaisanter) et un timing respecté. Et on se sentait un poil attendu aussi : signalisation aux abords de la BU, signalétique qui va bien dans la BU à destination des participants ET des étudiants, enveloppe avec tout ce dont on avait besoin pour la journée (dont les sacro-saints codes pour se connecter au réseau Wi-Fi).

Sur le fond:
Les participants étaient prévenus, s’ils venaient là, c’était pour bosser. En même temps, vous me direz que celui qui va jusqu’à Angers un samedi de janvier (et qui se prive par conséquent d’au moins une sortie ski) sans participer… Et on a bien bossé je trouve, beaucoup d’échanges dans les ateliers, et entre, puisque un temps conséquent était prévu pour ça.

J’ai participé à 2 ateliers:

« La conquête des réseaux sociaux » me laisse à penser, à froid, qu’il faut d’abord conquérir les collègues… Beaucoup de questions révèlent une méconnaissance de ces réseaux sociaux, et une appréhension relative à leur éventuelle utilisation en bibliothèque. Également beaucoup de questions pratiques adressées à Daniel Bourrion, l’animateur de l’atelier, sur les pages Facebook des BU d’Angers (Qui administre? Qui rédige les posts? Comment on met les billets d’un blog sur Facebook?)
Et puis des questions que l’on (se) pose quand ça concerne les réseaux sociaux, pour titiller leur utilité/légitimité, ou peut-être pour se rassurer, en se disant qu’on ne peut pas mettre en place un outil qui ne soit pas parfaitement abouti : « Ah mais vous n’avez QUE 1200 fans sur 17000 étudiants? » Alors qu’on devrait se dire qu’il y a 1200 étudiants qui ont choisi de recevoir les infos de la BU via Facebook non?… ; « Vous avez des stats? -Sur quoi? -Bah des stats ». Et des stats sur le pauvre cahier de liaison « BU/usagers » qui trône sur/derrière chaque banque de prêt/accueil de chaque bibliothèque, on en fait? Dans ma BU, la dernière remarque faite sur le cahier de liaison date de… janvier 2010 (bon, on peut aussi partir du principe que tout roule à la BU hein).

Celui sur les «nouveaux espaces» a été rondement mené et animé par Nathalie Clot, impossible de se défiler sous peine de rappel à l’ordre (pardon m’dame, je le referai plus).

Compte-rendu très complet par Fabrizio Tinti, sur le blog du Bibcamp.

J’ai enfin animé l’atelier « Innover et réussir par l’échec » (aka « failcamp »).

J’ai trouvé très peu de littérature sur le sujet (consacrée aux bibliothèques), et peu de témoignages disponibles en préparant l’atelier. Pourtant, à en juger par les échanges entre participants, il y a un réel besoin de pouvoir parler de l’échec, pour dire qu’on s’est planté, et ensuite en tirer parti.

Rien dans le BBF, rien en ligne, ou très peu. C’est Nicolas Morin, dans BiblioAcid qui appelait de ses vœux le partage d’expériences ratées. C’était en juin 2004, et rien de chez rien depuis, à l’exception de la série « La loose » entamée chez Daniel Bourrion fin 2010. Nos collègues américains sont à peine plus avancés que nous. Quelques exemples d’échecs ont été relatés lors du Failcamp qui s’est déroulé pendant la conférence Internet Librarian 2010. Quant aux tentatives de mutualisation d’expériences malheureuses, elles se sont soldées par… un échec! Le wiki Libsuccess.org (sur le partage d’expériences) a une page « Learning from failure » désespérément vide, au grand dam de Walt Crawford « And, in a mere three months with publicity elsewhere, we’ve seen the number of shared failures I was more-or-less expecting here: Zero. Why am I not surprised? » De même, la tentative de connexion sur la page « Learning from failure » du Library Leadership Network se solde par un échec. Quand ça veut pas, ça veut pas…

Compte-rendu beaucoup plus complet par Yann Marchand sur le blog du Bibcamp, que je remercie pour la prise de notes.

I wanna be like Mike

Sur les conseils de Marlène (merci, ça valait le déplacement), je me suis rendu lundi à la Mission Permanente des Etats-Unis à Genève, pour assister à une présentation de Michael Stephens, organisée par l’AILIS.
Michael Stephens est « Assistant Professor in the Graduate School of Library and Information Science at Dominican University in River Forest, Illinois » et anime le blog « Tame the Web« . Il a été consacré « Library Journal Movers & Shakers » en 2005, ça vous pose le personnage.
Sa présentation portait sur « The Hyperlinked Community Library – Trends, Tools & Transparency« .

En introduction, Michael Stephens rappelle les bouleversements induits par Internet pour notre profession, mais également dans les pratiques de nos usagers : Ils font aujourd’hui un usage des réseaux qui n’est pas (encore?) le nôtre. Il insiste sur les réseaux sociaux, et se demande où sont les bibliothèques, au moment où MySpace, Facebook et YouTube attirent chaque mois plus de 250 millions de visiteurs uniques. A titre d’exemple, Michael Stephens cite la Lawrence Tech Library et sa campagne d’information à l’occasion de son arrivée sur les réseaux sociaux (diapo 16 de sa présentation) et la Digital Collection de Cornell.
Ensuite, M. Stephens insiste sur un point essentiel à ses yeux, la transparence, qui implique la communication, à la fois en direction des usagers, mais également à destination des équipes de la bibliothèques. En résumé, on dit ce qu’on fait, comment on le fait, avec qui on le fait : on le bloggue, on le tweete, on l’affiche sur son site Web, sa page Facebook, « the transparent library has no secrets« . Cette idée de la transparence sous-tend celle de l’ouverture, de l’écoute des besoins, aussi bien des usagers que des équipes « do we hear our users and staff when they ask for change and new services? » A titre d’exemple : VBPL Talks « a forum for staff questions and comments« .
Michael Stephens rappelle ensuite l’importance de la bibliothèque en tant que lieu d’accueil (et de travail). La bibliothèque doit être accueillante, chaleureuse, pas ce que fait Teen Central « This desk is for staff use only« … (diapo 42). Stephens recommande de faire un « kindness audit », voir sa bibliothèque avec les yeux de l’usager, se mettre à sa place physiquement dans la bibliothèque.
Ensuite M. Stephens traite de la révolution « mobile » avec l’irruption des smartphones et autres readers (la « tablet mania« …), rappelant que les bibliothèques doivent s’adapter à ces nouveaux usages, présentant la « Duke University Library Digital Collection iPhone App« .
Michael Stephens pointe ensuite la nécessaire formation des équipes de bibliothécaires, citant le programme Learning 2.0, avec des prix incitatifs allant du lecteur MP3 à pouvoir disposer de la place de parking de son directeur…
Il insiste également beaucoup sur l’idée de « communauté d’usagers », que la bibliothèque doit fédérer, aussi bien pour ses aspects virtuels que physiques, et surtout animer. Cette communauté doit pouvoir investir la bibliothèque physique, mais également les services en ligne : annoter, taguer, recommander des documents sur le catalogue, commenter sur le blog, etc…


Pour finir, il évoque l’un des effets de la crise pour les bibliothèques américaines, qui voient leur fréquentation augmenter, leur accès et les informations qui y sont disponibles étant gratuites… Comme professeur, Michael Stephens assiste à un changement dans la sociologie de ses étudiants en sciences de l’information et des bibliothèques : certains de ses étudiants sont là pour envisager une reconversion, voulue ou subie suite à la crise…
Enfin, puisqu’on en est aux questions d’argent, a été évoquée l’idée du merchandising des bibliothèques via des sites comme CafePress ou Zazzle, où elles pourraient vendre des produits dérivés de leurs fonds (iconographiques libres de droits).

Une intervention très intéressante, faite par quelqu’un de passionné et disponible, à l’enthousiasme communicatif. Y’a plus qu’à maintenant.

photos : page Facebook de la Mission Permanente des Etats-Unis à Genève.

Twitter Power

Ce matin, par ces quelques mots « c’est moi ou Cairn est couché ? » @dbourrion alertait la twittosphère sur le fait que CAIRN était inaccessible. En quelques minutes, des vérifications furent faites à Limoges, Rennes, Paris, Aix-en-Provence, Chambéry et Nice pour confirmer le diagnostic angevin, et indiquer au technicien de CAIRN, que si si, sa plateforme était bien en rade. Il a alors eu ces mots, « mais vous avez un réseau ou quoi?« , qui traduisent bien la « puissance » de Twitter, ce qui en fait un vrai outil professionnel à mon avis (on a déjà vu qu’on pouvait tweeter une conférence, mais si souvenez-vous).

Et ce dont il faudrait que les fournisseurs de docélec se rendent compte, c’est que nous travaillons (entre autres) avec Twitter, qui permet ce genre d’interactions rapides et efficaces.

Alors le prochain qui me transmet un devis « suspect » ne viendra pas se plaindre quand je lui démontrerai par A+B qu’il me prend pour une buse en me soumettant un devis trois fois plus élevé que celui de mes p’tits copains…

Mes excuses aux buses.

[photo : Last Thoughts /jurvetson]