Journée eBooks Couperin | Table-ronde et bilan

Bilan de l’atelier juridique

La diffusion a été laissée de côté, tout comme la place des consortiums.
On risque une segmentation du marché entre éditeurs qui traitaient déjà avec Couperin, et ceux « grand public ».
Nécessité de formaliser le marché public, dans un paysage bien fragmenté.

Bilan de l’atelier « Que puis-je mettre sur mes tablettes »

il proposait un focus sur les contenus.
Hervé Le Crosnier (HLC) : S’agissait-il de ma tablette personnelle avec une offre de la bibliothèque ? Ou des tablettes mises à disposition par la bibliothèque ?
On est dans une logique d’acculturation, pour l’instant c’est un média peu demandé (HLC)
Le lecteur a besoin d’apprendre à utiliser ces outils et ces offres, est-ce là notre objectif ? (HLC)
Le marché du matériel va organiser la démocratisation de l’outil.
La tablette la plus vendue (iPad, 70-97% du marché) est aussi un des modèles les plus fermés.

Quid des DRM ?
Ils sont un frein à l’usage, et encourageraient le piratage. D’autres pistes à explorer : le watermarking, le streaming.
Pour HLC, le DRM est un blocage d’un outil de culture.
Le pirate comme conservateur ? Il permet la diffusion sans barrièrefrein, et conservation puisque dissémination

HLC rappelle que le marché principal du livre électronique c’est la bibliothèque.
Le métier de la bibliothèque, c’est de prendre pour donner. À imposer dans les négociations.

Bilan de l’offre aux étudiants :

Panorama de l’offre en français pour les étudiants de L (contenus, modèles économiques, points forts et faibles). Commercialisation des manuels. Certains pôles thématiques sont mieux desservis que d’autres (SHS, au détriment de la santé).
Cartable électronique fourni à l’étudiant (cours et documents numérisés étant inclus, les étudiants n’éprouvent pas le besoin d’en chercher d’autres) : influence les usages ?
Une bourse est donnée pour financer un manuel qui est ensuite diffusé gratuitement en version numérique, et reste modifiable par un autre enseignant. Les bibliothèques pourraient participer à l’achat de manuels.

Atelier signalement et valorisation (Thomas Guignard /EPFL)

Signaler tous azimuts (web, catalogue, mais aussi physiquement, communication via affiche, QR Codes)
Rematérialiser avec fantômes, boîtiers.

Les outils de recherche fédérée permettent de valoriser cette documentation.
Ce qui manque c’est de pouvoir analyser la méthode de recherche et d’accès au document, pour affiner et améliorer. (Se pose-t-on toutes ces questions pour les requêtes formulées sur nos OPAC ? NDB)

Atelier médiation

La pratique de l’annotation est à ne pas minorer, les gens ont besoin de s’approprier le contenu par l’annotation, le partage (indication de ce que je lis via partage sur réseaux sociaux), mais possible tentation de la mesure de son activité.
Sur Amazon indication de ce qui a été lu pour les ouvrages disponibles sur Kindle (qui permet le partage sur Facebook=> est-ce une lecture socialisée ?) Cela aura-t-il une incidence sur notre manière de lire ? On ne lira plus que ce qui aura été signalé par d’autres ?

Retour sur Le Havre

Le budget investi est énorme par rapport à l’usage. Cela révèle-t-il des problèmes dans le signalement ? Dans les modes d’accès ?

Conclusion d’Hervé Le Crosnier

« Complexité » est le mot clé de la journée : complexité des plate-formes, complexité juridique, complexité des marchés, complexité des DRM imposés, complexité de l’intégration aux catalogues, complexité des outils de recherche croisée.
Il retient également qu’à aucun moment les offres gratuites n’ont été évoquées.
Du point de vue de la bibliothèque, on paye pour offrir, au détriment de la valorisation de la connaissance. Il existe des ressources gratuites qui mériteraient une valorisation par la bibliothèque (présence au catalogue), comme les publications officielles disponibles en pdf (cf UE).
Il faut faire bénéficier ces documents de notre travail de classification, de valorisation, de diffusion.

Enfin, il faut comprendre l’écriture numérique pour comprendre la lecture numérique.
Les bibliothèques doivent fabriquer du livre numérique (ateliers, conférence, sont autant d’occasions pour se lancer).
Le faire mais sans se limiter au format pdf (format imprimé) qui ne permet pas d’enrichissement, tenter et privilégier l’epub (vs ibooks).

Journée eBooks Couperin | séance plénière

Les ebooks, en filigrane des pratiques numériques académiques

Chérifa Boukacem étant absente, Annie Hélot rappelle que pour l’avenir l’enjeu majeur est l’utilisabilité, « degré selon lequel un produit peut être utilisé par des utilisateurs identifiés pour atteindre des buts définis avec efficacité, efficience et satisfaction, dans un contexte d’utilisation spécifié » (norme ISO 9241-11)

L’usager, face à une offre documentaire numérique inégalée, devient prescripteur (pour ses pairs, via les réseaux sociaux).
L’évolution récente des outils va dans ce sens : OPAC de nouvelle génération, portails, moteurs de recherche, discovery tool.

Le signalement des ebooks au SCD Paris 3 (Romain Le Nezet)

Contexte technique : Primo en version beta dès septembre 2010, c’est l’interface d’accès unique aux ressources du SCD (moissonne Aleph, Metalib, SFX). Avant Primo, l’accès se faisait sur chacune des interfaces des fournisseurs.

125 000 ebooks sont activés dans SFX et moissonnés par Primo, dont EEBO. Il n’y a pas de signalement spécifique, les facettes permettent de les repérer.

En back office c’est un circuit simple et rapide (activation des ebooks dans SFX), et un moissonnage quotidien dans Primo.
Un bémol, les métadonnées pauvres, l’absence, ou presque, de facettes

En test : l’import local dans SFX (choix d’une cible (target locale, ex Harmathèque), import manuel des données, qui peuvent être enrichies au passage), service ensuite automatisé par ExLibris (avec Dataloader).

Ces ressources nécessitent une véritable politique documentaire, et un suivi de l’usage.
Paris 3 a fait le choix de partir des outils pour ensuite définir la politique documentaire qu’ils permettent.

Summon à Paris Diderot (Christophe Pion)


Un SCD pluridisciplinaire, sur 9 sites, qui dessert 26 000 étudiants, qui a vu ses dépenses documentaires croître de 762% entre 2004 et 2011.

Le passage au numérique est favorisé par l’abandon des abonnements papier gagés
Outils locaux pour gérer la documentation numérique (liste A-Z en php).
Adoption de Summon, un index global, accompagné de toute la suite logicielle de chez Serials Solutions (résolveur, liste alphabétique, ERMS). L’objectif est d’avoir une seule base de connaissance.
Parallèlement, un site Web à l’interface dépouillée est développé sous Drupal 7.

Summon ne distingue pas le « livre » du « livre électronique », dans les résultats, et les facettes ne le permettent pas. Une surcouche VuFind (cf Villanova aux USA) permettrait d’affiner l’affichage des résultats (à l’étude).

Summon est un outil qui modifie la place des outils utilisés auparavant, et qui met en valeur la politique documentaire électronique. Il demande un nouveau regard sur la politique documentaire (notamment l’articulation papier-électronique) et donc sur l’évolution du métier.

SAV du Bibcamp

Rapide retour sur le bibcamp qui s’est tenu à la BU d’Angers le 15 janvier dernier.

Sur la forme:
De toutes les journées d’études/conférences/rencontres auxquelles j’ai pu assister, et de toutes celles que j’ai pu organiser (c’était un peu mon métier avant que je rejoigne le côté clair de la force), je crois que c’est une des plus abouties à laquelle il m’ait été donné de participer, avec une organisation carrée sans être rigide (j’ai même vu des organisateurs plaisanter) et un timing respecté. Et on se sentait un poil attendu aussi : signalisation aux abords de la BU, signalétique qui va bien dans la BU à destination des participants ET des étudiants, enveloppe avec tout ce dont on avait besoin pour la journée (dont les sacro-saints codes pour se connecter au réseau Wi-Fi).

Sur le fond:
Les participants étaient prévenus, s’ils venaient là, c’était pour bosser. En même temps, vous me direz que celui qui va jusqu’à Angers un samedi de janvier (et qui se prive par conséquent d’au moins une sortie ski) sans participer… Et on a bien bossé je trouve, beaucoup d’échanges dans les ateliers, et entre, puisque un temps conséquent était prévu pour ça.

J’ai participé à 2 ateliers:

« La conquête des réseaux sociaux » me laisse à penser, à froid, qu’il faut d’abord conquérir les collègues… Beaucoup de questions révèlent une méconnaissance de ces réseaux sociaux, et une appréhension relative à leur éventuelle utilisation en bibliothèque. Également beaucoup de questions pratiques adressées à Daniel Bourrion, l’animateur de l’atelier, sur les pages Facebook des BU d’Angers (Qui administre? Qui rédige les posts? Comment on met les billets d’un blog sur Facebook?)
Et puis des questions que l’on (se) pose quand ça concerne les réseaux sociaux, pour titiller leur utilité/légitimité, ou peut-être pour se rassurer, en se disant qu’on ne peut pas mettre en place un outil qui ne soit pas parfaitement abouti : « Ah mais vous n’avez QUE 1200 fans sur 17000 étudiants? » Alors qu’on devrait se dire qu’il y a 1200 étudiants qui ont choisi de recevoir les infos de la BU via Facebook non?… ; « Vous avez des stats? -Sur quoi? -Bah des stats ». Et des stats sur le pauvre cahier de liaison « BU/usagers » qui trône sur/derrière chaque banque de prêt/accueil de chaque bibliothèque, on en fait? Dans ma BU, la dernière remarque faite sur le cahier de liaison date de… janvier 2010 (bon, on peut aussi partir du principe que tout roule à la BU hein).

Celui sur les «nouveaux espaces» a été rondement mené et animé par Nathalie Clot, impossible de se défiler sous peine de rappel à l’ordre (pardon m’dame, je le referai plus).

Compte-rendu très complet par Fabrizio Tinti, sur le blog du Bibcamp.

J’ai enfin animé l’atelier « Innover et réussir par l’échec » (aka « failcamp »).

J’ai trouvé très peu de littérature sur le sujet (consacrée aux bibliothèques), et peu de témoignages disponibles en préparant l’atelier. Pourtant, à en juger par les échanges entre participants, il y a un réel besoin de pouvoir parler de l’échec, pour dire qu’on s’est planté, et ensuite en tirer parti.

Rien dans le BBF, rien en ligne, ou très peu. C’est Nicolas Morin, dans BiblioAcid qui appelait de ses vœux le partage d’expériences ratées. C’était en juin 2004, et rien de chez rien depuis, à l’exception de la série « La loose » entamée chez Daniel Bourrion fin 2010. Nos collègues américains sont à peine plus avancés que nous. Quelques exemples d’échecs ont été relatés lors du Failcamp qui s’est déroulé pendant la conférence Internet Librarian 2010. Quant aux tentatives de mutualisation d’expériences malheureuses, elles se sont soldées par… un échec! Le wiki Libsuccess.org (sur le partage d’expériences) a une page « Learning from failure » désespérément vide, au grand dam de Walt Crawford « And, in a mere three months with publicity elsewhere, we’ve seen the number of shared failures I was more-or-less expecting here: Zero. Why am I not surprised? » De même, la tentative de connexion sur la page « Learning from failure » du Library Leadership Network se solde par un échec. Quand ça veut pas, ça veut pas…

Compte-rendu beaucoup plus complet par Yann Marchand sur le blog du Bibcamp, que je remercie pour la prise de notes.

EbookZ : l’offre numérique illégale des livres français sur Internet

Suite du compte-rendu, assuré en binôme avec Nicolas, des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se sont déroulées à Lille, les 17 et 18 mai.

Retrouvez la couverture en direct ici, et le support de présentation .

Mathias Daval (Edysseus Consulting) / le MOTif

Présentation des résultats d’une étude, la première réalisée en France sur l’offre illégale de ebooks disponibles sur Internet.

Le piratage numérique est difficile à cerner, beaucoup d’idées préconçues et donc de fantasmes chez les acteurs du livre sur ce phénomène. Le piratage de livre est-il un enjeu réel pour les acteurs du livre? Il reste encore marginal par rapport aux industries musicales et cinématographiques, et il en est peu fait mention dans les rapports Pattino (au sujet des DRM) et Gaymard (qui évoque le problème).
Le terme « ebookZ » désigne les ebooks piratés et disponibles sur le Web, qu’il s’agisse de livres, ou de la presse (qui représente 3/4 des fichiers échangés).

  • Qui sont les pirates?

Il n’y pas de profil type, ça va de l’internaute lambda qui met à disposition quelques fichiers (pour le téléchargement sur une plate-forme, ou par courriel), aux équipes mieux organisées (y compris au sein des milieux universitaires et bibliothécaires), qui proposent des « how to » en ligne, sur la façon de bien scanner un livre pour le mettre à disposition en téléchargement [« Libérez vos livres, le guide pour scanner des livres et des magazines »]. Scannés manuellement (de 6h à 10h pour scanner un livre), la plupart des fichiers sont de bonne qualité -29.7Mo en moyenne-, à l’instar de ce qui se pratique dans le domaine du « scantrad », qui diffuse des mangas en ligne, avec un travail soigné.

  • Méthodologie

L’étude porte sur l’ensemble des textes piratés (sauf la presse), elle concerne les contenus payants et sous droits, sans tenir compte des traductions.
Les fichiers étudiés ont été repérés sur les réseaux de P2P, ( eDonkey et bittorrent), mais également sur l’IRC et UseNet. Les téléchargements directs et les visionnements sur le Web ont également été pris en compte. Les auteurs de l’étude on noté une forte utilisation du réseau eDonkey, mais en baisse au profit du téléchargement direct (une conséquence d’Hadopi? L’étude a été réalisée sur un échantillon de 900 fichiers (livres, BD et livres audio).

  • Résultats

Moins de 1% des livres sont piratés,  soit de 4 000 à 6 000 titres, dont 3 000 à 4 500 bandes dessinées. La plupart des fichiers sont peu accessibles (0 à 1 source partageant le fichier), c’est une forme de piratage encore résiduelle, qui progressera en lien avec celle des livrels et de la mise à disposition de catalogues légaux.
Le format le plus fréquent est le PDF (80% des livres, 40% des BD), quelques Word. Les livres audio sont à 95% en MP3. 77% des ouvrages sont de bonne qualité : mise en page restituée, pagination respectée, réalisés par des équipes organisées (deux équipes majeures à l’œuvre).

  • Quels types de livres?

Les 4 éditeurs les plus piratés sont Gallimard, Eyrolles, Dunod et Hachette.
Les thématiques : romans, essais et livres pratiques représentent plus de 1/4 des livres piratés. Ils sont facilement consultables en fichier (mise en page) et répondent à un besoin immédiat.

STM, philosophie, cuisine, Science-Fiction et informatique sont les thématiques les plus représentées. Les auteurs les plus piratés sont (en nombre de titres piratés disponibles), Gilles Deleuze, Bernard Werber, Amélie Nothomb, Frédéric Beigbeder et J.K. Rowling, et les titres les plus partagés « Le Sexe pour les nuls », « Harry Potter », « Le grand livre de cuisine », « Twilight », « Les fourmis », « Le petit prince » et « L’alchimiste ». Cela traduit un besoin de titres non disponibles au format numérique (95% des livres piratés ne disposent pas d’une offre numérique légale), et change le portrait type du pirate. Enfin, seuls 8% des titres figurant dans le top 50 des ventes papier (classement Livres Hebdo) sont disponibles en version pirate.

  • Les préconisations du MOTIF

Développer une offre numérique légale de qualité et conséquente, développer des stratégies de référencement pour faire apparaitre l’offre légale en bonne place dans les moteurs de recherche, développer les alertes et la surveillance autour des titres, mettre en œuvre des formations pour éviter la fracture numérique entre gros et petits éditeurs. Enfin, ne pas mener une guerre contre les lecteurs.

  • Réflexions

Un téléchargement illégal signifie-t-il une vente en moins? Quelques éditeurs ont tenté l’expérience de l’édition libre (l’Éclat).
Le MOTIF a créé un observatoire du livre numérique, et mettra à jour les chiffres de cette étude, réalisera un portrait des pirates, une étude comparative des plates formes légales et illégales de mise à disposition des fichiers.

  • Questions du public

Comment repérer l’offre illégale : faire une typologie des réseaux de diffusion, puis sur ces réseaux, identifier les titres de fichiers qui comportent des mots clés caractéristiques (ebook(s), livre(s), ou titres, ou noms d’éditeurs).

Concernant la disponibilité de ebooks au format epub sur ces plates formes : très peu, l’offre légale au format epub étant proche de 0 au moment de l’étude.

Question concernant la reprise des fichiers piratés comme pour le jeu vidéo? le milieu de l’édition est très différent. D’ailleurs le piratage ne fait pas « peur » aux petits éditeurs qui voient là un moyen de diffusion. Concernant la reprise de fichiers pirates, elle nécessiterait trop de travail en amont pour en vérifier la qualité, donc des coûts trop importants.

Question sur les initiative du type Studentbay dans le milieu universitaire : l’offre illégale a été retirée du site, il n’y a pas équivalent en France. Les ouvrages les plus diffusés sont les livres de médecine. Les éditeurs restent vigilants à cette diffusion.

Quid de la présence de fichier pirates sur les liseuses prêtées par les BU : expérience encore trop récente à Toulon pour tirer des conclusions. Pas d’étude spécifique à Angers sur ce type d’usage. Les usagers se contenteraient a priori de l’offre préchargée, ou de l’offre indiquée.

photo : T' Jolly Roger, aye. | par Nick  Humphries

Cartable électronique et enseignement

Suite du compte-rendu, assuré en binôme avec Nicolas, des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se sont déroulées à Lille, les 17 et 18 mai.

Retrouvez la couverture en direct ici, et le support de présentation .

Gilles Braun, Ministère de l’Éducation Nationale

Retours sur une expérimentation en cours (2009-2014), portant sur la fourniture de manuels scolaires sous forme numérique à des classes de 6ème et de 5ème, qui concerne 65 collèges en France (15000 élèves, 700 enseignants).

  • Quels constats faire un an après?

Ce qui se passe chez les éditeurs scolaires aura une incidence sur l’édition numérique (qui représente un marché de 230 millions d’€/an en France).

Le manuel sous forme numérique remet en question la durée de vie « traditionnelle » d’un manuel => le livre peut être gardé, il sera augmenté et enrichi avec les mises à jour.

Quelle place pour les libraires, dont le chiffre d’affaires (au moins en partie) est assuré par ces commandes scolaires?

L’accès aux ressources se fait via un ENT, ce qui implique une nouvelle forme de travail, et des nouveaux moyens de travail (équipements informatiques, connexions).

Gilles Braun aborde aussi la question de la concurrence entre les éditeurs, au moment de définir les fonctionnalités de lecture inhérentes au manuel. Trois éditeurs développent ces manuels, il y a trois modes de lectures, avec chacun leurs fonctionnalités annexes et propres.

Parmi les avantages de ce manuel numérique, l’accès à l’image et au son pour enrichir les contenus, et une plus grande accessibilité pour les publics en situation de handicap (visuel, malentendant). En revanche, le fait de ne pas pouvoir situer sa progression, comme on le ferait avec un manuel « papier » en regardant les pages qu’il reste à lire semble être un inconvénient.

Se pose enfin la question de ce corpus, qui n’est plus limité : quand est-on dans l’ouvrage? quand en sort-on? On passe d’une offre de contenus, à une offre de services.

Bilan des enquêtes sur le livre électronique | Ministère de la Culture

A la demande de Couperin, et en binôme avec Nicolas, j’assure un compte-rendu en léger différé des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se tiennent aujourd’hui et demain à Lille.

Une couverture en direct est disponible ici, le support de la présentation .

Anne-Sophie Metais, Rémi Gimazane – Ministère de la Culture

Présentation des résultats concernant les « publics étudiants », d’une étude  menée sur 6 mois, lancée en sept. 2009

Objectifs de l’étude (différents modes de passation) : évaluer (la notoriété et la pénétration, l’attrait) ; segmenter et décrire (les utilisateurs actuels, les publics potentiels) ; comprendre (les opinions et les attentes, les motivations et les freins).

49% des étudiants ont « déjà entendu parler du livre numérique » (47% pop. française 15 ans et +)

Pour les étudiants le livre électronique c’est 1) un fichier numérique 2) une tablette électronique dédiée à la lecture.

12% étudiants lisent des livres numériques (1% beaucoup, 6% quelques uns, 5% seulement un) => gros lecteurs sont très restreints. La lecture se fait majoritairement sur ordinateur (portable), sur smartphone (12,1%), les liseuses ne sont pas encore généralisées.

Publics actuels : hommes jeunes, très technophiles et grands lecteurs

Publics potentiels : femmes, peu technophiles, grandes lectrices

Les freins au dvpt du ebook: lecture à l’écran, absence de contact avec le livre (attachement au support)

Motivation pour le livre électronique : livres moins chers qu’au format papier ; accès aux titres épuisés sous forme papier ; accès facile et instantané ; transport et stockage plus aisés. Les réponses traduisent un attachement au papier.

Sujets lus : livres scientifiques et pratiques (la lecture se fait pour des raisons professionnelles chez les étudiants, pour des raisons pratiques dans le reste de la population)

Contenus majoritairement pris gratuitement en ligne (Gallica, réseaux de partage)

La lecture apparait moins confortable que sur papier.

Confort de lecture, prix, temps de chargement des pages sont les 3 critères les plus importants.

Ordinateurs portables et liseuses apparaissent comme les supports les plus évidents pour lire un ebook.

Facteurs de succès : le prix, les possibilités offertes par le numérique (contenus enrichis), possibilité de copie et de transfert

Les bibliothécaires italiens face aux livres électroniques

A la demande de Couperin, et en binôme avec Nicolas, j’assure un compte-rendu en léger différé des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se tiennent aujourd’hui et demain à Lille.

Une couverture en direct est disponible ici, le support de la présentation .

Agnese Perone, CILEA Consortium

Enquête sur la diffusion des ebooks en Italie dans les bibliothèques académiques.

37% des bibs académiques en proposent.
Prédominance des STM, puis des SHS, et enfin de l’Eco dans l’offre en ebook proposée dans les bibliothèques académiques italiennes. Prédominance de l’anglais comme langue de publication (=> une limite à l’usage?)

Achat au titre à titre majoritaire (37%), puis par package auprès des éditeurs (31%)

Les limites : DRM, manque d’intérêt de la part des usagers potentiels, un « business-model » flou, peu de contenu en italien.

Beaucoup d’attente de la part des bibliothécaires italiens sur un business model compréhensible, sur une offre à mise à jour régulière, sur des indicateurs d’usage.

Les livres électroniques dans les portails du CNRS

A la demande de Couperin, et en binôme avec Nicolas, j’assure un compte-rendu en léger différé des Journées Couperin sur le livre électronique, qui se tiennent aujourd’hui et demain à Lille.

Une couverture en direct est disponible ici, le support de la présentation .

Premiers retours d’usage, Christine Weil-Miko et Christiane Stock, CNRS.

-Les ebooks sont proposés au CNRS depuis 2006 (une encyclopédie) ; proposés sur les différents portails thématiques (BiblioVie, BiblioSciences, TitaneSciences…) Aujourd’hui l’offre couvre des ebooks, des book series, des encyclopédies et des dictionnaires. Peu de protocoles, bien que demandés par les chercheurs.

-interprétation des usages:
enquête qualitative suite aux tests (contradiction avec les consultations réelles)
importance de la langue => offre ebooks est anglophone (limite à l’usage?)
interprétation délicate des chiffres=>un livre s’utilise-t-il comme une revue? (moins d’1’/page)
adaptation aux nouvelles plateformes (offre de ebooks au CNRS => 3 nouvelles plateformes de consultation) , comportement de l’utilisateur à interpréter, difficulté=>visibilité de ces ressources dans les catalogues (importance des métadonnées)

Concernant les usages, la règle du 80/20 ne semble pas valable pour les ebooks.

Les dictionnaires électroniques Garnier, achetés récemment, enregistrent plus de consultations que les encyclopédies en sciences de la vie (acquisition plus ancienne) : est-ce dû à leur « nouveauté »? au fait qu’ils soient proposés en français?

Une part non négligeable des titres composant les bouquets de ebooks ne sont pas consultés : 56% dans le bouquet « Chemistry » d’Elsevier, 61% dans la collection « Chemistry and Material Science » de Springer => une des limites de l’achat par bouquet?

On ne peut pas comparer l’usage des ebooks à celui des revues électroniques, ni en terme de fréquence de consultation ni en terme de régularité (consultation en « dents de scie »), transversalité de la consultation à travers les différents portails thématiques.
Le besoin de statistiques fiables et détaillée se fait également sentir.

la sélection : recueil des besoins, et analayse de l’offre des éditeurs, puis phases de test (2 mois), études des usages (stats des éditeurs)

collections achetées depuis 2006
achat d’archives et de mises à jour,
achat pérenne,
achat de titres individuels (dicos, encyclos, methods in enzymoloy) ou par bouquets
seulement 3 nouvelles plateformes pour les utilisateurs, par rapport aux accès revues:

interprétation des usages:
enquête qualitative suite aux tests (contradiction avec les consultations réelles)
importance de la langue => offre ebooks est anglophone
interprétation délicate des chiffres=>un livre s’utilise-t-il comme une revue? (moins d’1’/page)
adaptation aux nouvelles plateformes, comportement de l’utilisateur à interpréter, difficulté=>visibilité de ces ressources dans les catalogues (importance des métadonnées)

critères de choix : même l’usage

comparaison usage ebooks/revues électro : rien de comparable
règle du 80/20 valabke pour les ebooks? a priori non
chiffres pas conformes à norme COUNTER : manque de détail (année, titre, chapitre)
modèles éconpmiques : calcul /FTE globales CNRS alors que collections thématiques, mais usage plus large que disciplines visées

données chiffrées

statistiques éditeurs
encyclo SdV vs Dicos SHS (GArnier électro)
plus de consultations chez dico SHS alors que ressource + récente : grace à quoi? nouveauté? langue française?

bouquet Chelistry /Elsevier : 56% pas consultés
chez Springer, 61% pas consultés (chemistry and material science)
les 20 plus consultés représentent 30% (de quoi?)

book series LNCS
73% sont consultés dont 20% régulièremetn, 27% ne sont aps consultés, 90% sont consultés de 1à 10 fois / an
tendance croissante

comparaison revues et ebooks
top 20
revues
tetrahedron letters : +26400 consultations
ebook
advances in… moins de 500/an

usage transversal lié au caractère multidisciplinaire des collections? pas de réponse pour le moment

variations mensuelles « en dents de scie », pas d’usage régulier, même le titre le plus consulté a des stats nulles pour certains mois

on ne peut pas comparer usage des ebooks à celui des revues électro, ni en terme de fréquence de consultation ni en terme de régularité, surprise de la transversalité de la consultation à travers les différents portails thématiques.
besoin de stats fiables, détaillées, par mois, par groupe d’utilisateur.

Google nous a tuer

« T’as fait quoi pendant la révolution Internet? – J’ai perdu mon job ».

Propos de David Nicholas, prof. à l’University College of London, lors de sa communication donnée au CERN, dans le cadre d’un « Library Science Talk« , organisé par nos collègues suisses et portant sur les « Digital Consumers », à laquelle j’ai assisté lundi.

Vous retrouverez l’essentiel de son propos dans les actes du colloque de Lille (à paraître), où D. Nicholas était également venu présenter les résultats de l’enquête menée par son groupe de recherche.

Quelques éléments tirés de sa présentation:

-Nous (les bibs) travaillons toujours sur les bases d’un paradigme ancien, celui du livre, alors que Google a bouleversé le paysage informationnel et la façon d’y accéder.

-Comment réagissons-nous à ça? Dans nos pratiques professionnelles? Pourquoi persistons-nous à proposer des catalogues moches/lents/compliqués? En moyenne, 2.3 mots sont utilisés pour lancer une recherche : quel est l’intérêt de continuer à proposer la recherche avancée (que personne n’utilise) ? 4 mois après qu’il ait indexé le contenu de ScienceDirect,  1/3 du trafic sur les journaux de physique venait de Google.

-Quelle place allons nous occuper dans ce paysage? Nous étions jusqu’ici des intermédiaires, dont l’usager va se passer de plus en plus : les profs ont déjà déserté les bibliothèques, les étudiants ne vont pas tarder à le faire (accès distants, 24/7, sans parler des smartphones)

-Changement dans les pratiques: + de la moitié des visiteurs d’un site Web ne lisent qu’une à trois pages (ou le résumé, si l’article est long). La tendance est au « picorement ». Nicholas prend l’exemple d’un immense supermarché, au réassort permanent. Conséquence, l’usager devient « consommateur », puisqu’il a le choix. Et comme il ne supporte plus d’attendre une réponse à sa requête, pas sûr qu’il passe du temps à interroger nos OPAC. Généralisation du « multi-tâches », (ex. du tweet pendant les conférences, je ne me sens pas visé, il n’y avait pas de WiFi ouvert au CERN…)

-On ne sait pas ce qu’il va advenir de la « Galaxie Gutenberg », mais on peut trouver l’article Wikipedia correspondant en 0.34 secs…

« le futur c’est maintenant, et la majorité des gens (ie des bibs) n’en ont pas encore pris conscience ».

Vous pouvez retrouver les résultats de l’enquête dans ce bouquin, et l’enregistrement de la conférence ici.

A part ça, je trouve le principe des « Library Science Talk » vraiment intéressant : une programmation variée, établie à l’avance, des conférences « doublées » entre la BN Suisse et Genève. Pourquoi on n’a pas ça nous? Par ex. à la BNF et à l’Enssib?

[photo : Future or Bust! / Vermin Inc]

Dans la série « J’ai testé pour vous » : Cover It Live

Suite à un échange de tweets avec Marlène et à l’occasion du Colloque international « ressources électroniques : mesures et usages » organisé à Lille les 26 et 27 novembre, j’ai testé « Cover it Live », un outil qui permet le « live-blogging ».

« Cover it Live » ne nécessite pas d’installation en « dur », une inscription (facile et gratuite)  suffit pour y avoir accès.
Prise en main aisée, intuitive, même si une utilisation poussée demande sans doute un petit temps d’adaptation que je n’ai pas eu.
Ce colloque étant aussi l’occasion de retrouver IRL quelques collègues, j’ai partagé le clavier avec @marlened et @nico_AsLi. Ou, devrais-je dire, nous avons « live-bloggué » à 6 mains, possibilité étant offerte d’ inviter des contributeurs sur « Cover it Live » (invitation par mail et zou c’est parti).

Autre intérêt, l’intégration au « live report » des tweets couvrant le colloque, par la simple déclaration du hashtag idoine (#epef09). Seuls les tweets (et re-tweets) provenant de comptes « ouverts » sont intégrés au fil de la discussion. Ainsi d’autres contributeurs nous ont rejoints sur ce « live-report » : @jsicot, @bbober, @piottr70, @gallezot, @yanngriset, et quelques autres. On intègre donc pendant le compte-rendu les échanges sur Twitter à propos de la présentation : voir dans les comptes-rendus les rebonds entre @piotrr70 et @jsicot au sujet de Revues.org par exemple.
Les photos postées sur Twitpic et marquées du hashtag #epef09 sont elles aussi intégrées au fil de la conversation (je vous renvoie aux photos prises par @nico_AsLi qui illustrent les compte-rendus des deux journées).

« Cover it Live » s’avère donc assez complet : on peut intégrer au texte, photos, vidéos, sons, liens vers sites Web (une présentation déposée sur Slideshare par exemple) ou renvoyer les « lecteurs » sur le site dont parle l’intervenant, et ces derniers peuvent commenter la retransmission.
Autrement dit, le « live-blogging » d’un colloque pour lequel les supports de présentation auraient été mis à la disposition des participants à l’avance serait encore plus intéressant, je n’ai pu intégrer à mon « live-report » que quelques « slides » récupérées tant bien que mal.

On dispose également de statistiques (vous avez été respectivement 132 et 100 à vous connecter jeudi et vendredi, merci) et nous n’avons pas pensé à proposer des sondages en temps réel (pour ou contre les PPT surchargés?), mais c’est également possible. On peut également revenir sur son texte pour le corriger, l’enrichir.Et il y a même une position « veille » pour les pauses-café…
Une fois l’ « event » fini, le compte-rendu est immédiatement accessible.

Les possibilités offertes par «Cover it Live» sont assez étendues pour que ce mode de retransmission se généralise  et fasse partie intégrante de chaque manifestation : Campagne d’information en amont de l’évènement (rappels par mails), affichage de la fenêtre de lecture sur le site Web de l’évènement, «branding»aux couleurs de l’évènement (avec un peu d’anticipation on évite de mettre une photo de la Chartreuse pour illustrer un colloque lillois…).

Au final ça donne un compte-rendu certes partiel (partial même parfois), mais qui reflète assez bien je crois la teneur des communications qui nous ont été faites (et l’ambiance qui régnait au colloque…).

Y’a plus qu’à donc.

Cela étant dit, le compte-rendu de la journée du 26 est disponible ici, celui de la journée du 27 .
Et vous, vous en avez pensé quoi?