Tout Le Monde à la même enseigne ?

Eh bien il semble que non…

En scrutateurs avisés que vous êtes de la vie des bibliothèques et de leurs fournisseurs, il ne vous aura pas échappé que depuis janvier 2011 le journal Le Monde, titre de référence de la presse française, est distribué exclusivement au monde académique et aux bibliothèques de lecture publique par CEDROM-SNI, via Europresse. Avant, vous pouviez y avoir accès sur Factiva (qui, au passage, le mentionne toujours comme une source "active").

Il vous faut donc, si comme moi vous êtes responsable de docélec dans votre bibliothèque, souscrire à Europresse pour offrir un accès en ligne au Monde à vos usagers.

Seulement voilà, depuis le début de l’année 2012 (en fait les accès étaient ouverts fin 2011), Le Monde est proposé à tous les usagers de l’Université Numérique Paris Île-de-France (25 établissements, 500 000 étudiants, 50 000 personnels), non pas sur Europresse, mais directement sur le site Web du Monde, avec une page dédiée: http://www.lemonde.fr/portail-des-universites/ .

Ah oué ? Oué.

On trouve sur le site de la Bibliothèque Sainte-Barbe l’annonce suivante, qui détaille le contenu de l’offre :
"Accédez à l’édition abonnés du Monde à la bibliothèque.
La Ville de Paris et l’UNR d’Ile-de-France offrent la possibilité à tous les étudiants de Paris et d’Ile-de-France de consulter l’édition numérique du Monde ainsi que ses archives depuis 1987.
Sur l’Espace Éducation du Monde.fr, vous pouvez rechercher dans les archives du Monde, du Monde de l’Éducation et sur les dossiers d’actualité du mensuel Dossiers et Documents.
Par cet abonnement, vous pourrez aussi consulter les archives du Monde diplomatique depuis 1954 (hormis les 6 derniers mois)."

Intéressé, parce que je mets aussi le nez dans l’UNR Rhône-Alpes, je suis allé à la chasse aux informations (combien ça coûte, quid des modes d’accès sur place et à distance, etc.)

Peu d’éléments significatifs du côté des collègues contactés-hormis la durée du contrat, 3 ans-, mais je tombais mal, en plein préparatifs des festivités pour célébrer la chose, lancée officiellement le 14 mars 2012.
Réponse embarrassée du côté du Monde, et pour cause, la diffusion est une exclusivité CEDROM-SNI…
Seuls éléments notables,  l’authentification via Shibboleth a été faite par Le Monde, et l’exclusivité de diffusion du Monde par CEDROM-SNI prendra fin en 2013 (donc c’est bon pour 2014 ?)
Et pas beaucoup d’éléments intéressants depuis.

Donc si quelqu’un pouvait m’expliquer pourquoi eux et pas nous, pourquoi pas de négociation nationale, je suis preneur, les commentaires sont ouverts, les acteurs du programme sont les bienvenus.

Journée eBooks Couperin | Table-ronde et bilan

Bilan de l’atelier juridique

La diffusion a été laissée de côté, tout comme la place des consortiums.
On risque une segmentation du marché entre éditeurs qui traitaient déjà avec Couperin, et ceux « grand public ».
Nécessité de formaliser le marché public, dans un paysage bien fragmenté.

Bilan de l’atelier « Que puis-je mettre sur mes tablettes »

il proposait un focus sur les contenus.
Hervé Le Crosnier (HLC) : S’agissait-il de ma tablette personnelle avec une offre de la bibliothèque ? Ou des tablettes mises à disposition par la bibliothèque ?
On est dans une logique d’acculturation, pour l’instant c’est un média peu demandé (HLC)
Le lecteur a besoin d’apprendre à utiliser ces outils et ces offres, est-ce là notre objectif ? (HLC)
Le marché du matériel va organiser la démocratisation de l’outil.
La tablette la plus vendue (iPad, 70-97% du marché) est aussi un des modèles les plus fermés.

Quid des DRM ?
Ils sont un frein à l’usage, et encourageraient le piratage. D’autres pistes à explorer : le watermarking, le streaming.
Pour HLC, le DRM est un blocage d’un outil de culture.
Le pirate comme conservateur ? Il permet la diffusion sans barrièrefrein, et conservation puisque dissémination

HLC rappelle que le marché principal du livre électronique c’est la bibliothèque.
Le métier de la bibliothèque, c’est de prendre pour donner. À imposer dans les négociations.

Bilan de l’offre aux étudiants :

Panorama de l’offre en français pour les étudiants de L (contenus, modèles économiques, points forts et faibles). Commercialisation des manuels. Certains pôles thématiques sont mieux desservis que d’autres (SHS, au détriment de la santé).
Cartable électronique fourni à l’étudiant (cours et documents numérisés étant inclus, les étudiants n’éprouvent pas le besoin d’en chercher d’autres) : influence les usages ?
Une bourse est donnée pour financer un manuel qui est ensuite diffusé gratuitement en version numérique, et reste modifiable par un autre enseignant. Les bibliothèques pourraient participer à l’achat de manuels.

Atelier signalement et valorisation (Thomas Guignard /EPFL)

Signaler tous azimuts (web, catalogue, mais aussi physiquement, communication via affiche, QR Codes)
Rematérialiser avec fantômes, boîtiers.

Les outils de recherche fédérée permettent de valoriser cette documentation.
Ce qui manque c’est de pouvoir analyser la méthode de recherche et d’accès au document, pour affiner et améliorer. (Se pose-t-on toutes ces questions pour les requêtes formulées sur nos OPAC ? NDB)

Atelier médiation

La pratique de l’annotation est à ne pas minorer, les gens ont besoin de s’approprier le contenu par l’annotation, le partage (indication de ce que je lis via partage sur réseaux sociaux), mais possible tentation de la mesure de son activité.
Sur Amazon indication de ce qui a été lu pour les ouvrages disponibles sur Kindle (qui permet le partage sur Facebook=> est-ce une lecture socialisée ?) Cela aura-t-il une incidence sur notre manière de lire ? On ne lira plus que ce qui aura été signalé par d’autres ?

Retour sur Le Havre

Le budget investi est énorme par rapport à l’usage. Cela révèle-t-il des problèmes dans le signalement ? Dans les modes d’accès ?

Conclusion d’Hervé Le Crosnier

« Complexité » est le mot clé de la journée : complexité des plate-formes, complexité juridique, complexité des marchés, complexité des DRM imposés, complexité de l’intégration aux catalogues, complexité des outils de recherche croisée.
Il retient également qu’à aucun moment les offres gratuites n’ont été évoquées.
Du point de vue de la bibliothèque, on paye pour offrir, au détriment de la valorisation de la connaissance. Il existe des ressources gratuites qui mériteraient une valorisation par la bibliothèque (présence au catalogue), comme les publications officielles disponibles en pdf (cf UE).
Il faut faire bénéficier ces documents de notre travail de classification, de valorisation, de diffusion.

Enfin, il faut comprendre l’écriture numérique pour comprendre la lecture numérique.
Les bibliothèques doivent fabriquer du livre numérique (ateliers, conférence, sont autant d’occasions pour se lancer).
Le faire mais sans se limiter au format pdf (format imprimé) qui ne permet pas d’enrichissement, tenter et privilégier l’epub (vs ibooks).

Journée eBooks Couperin | séance plénière

Les ebooks, en filigrane des pratiques numériques académiques

Chérifa Boukacem étant absente, Annie Hélot rappelle que pour l’avenir l’enjeu majeur est l’utilisabilité, « degré selon lequel un produit peut être utilisé par des utilisateurs identifiés pour atteindre des buts définis avec efficacité, efficience et satisfaction, dans un contexte d’utilisation spécifié » (norme ISO 9241-11)

L’usager, face à une offre documentaire numérique inégalée, devient prescripteur (pour ses pairs, via les réseaux sociaux).
L’évolution récente des outils va dans ce sens : OPAC de nouvelle génération, portails, moteurs de recherche, discovery tool.

Le signalement des ebooks au SCD Paris 3 (Romain Le Nezet)

Contexte technique : Primo en version beta dès septembre 2010, c’est l’interface d’accès unique aux ressources du SCD (moissonne Aleph, Metalib, SFX). Avant Primo, l’accès se faisait sur chacune des interfaces des fournisseurs.

125 000 ebooks sont activés dans SFX et moissonnés par Primo, dont EEBO. Il n’y a pas de signalement spécifique, les facettes permettent de les repérer.

En back office c’est un circuit simple et rapide (activation des ebooks dans SFX), et un moissonnage quotidien dans Primo.
Un bémol, les métadonnées pauvres, l’absence, ou presque, de facettes

En test : l’import local dans SFX (choix d’une cible (target locale, ex Harmathèque), import manuel des données, qui peuvent être enrichies au passage), service ensuite automatisé par ExLibris (avec Dataloader).

Ces ressources nécessitent une véritable politique documentaire, et un suivi de l’usage.
Paris 3 a fait le choix de partir des outils pour ensuite définir la politique documentaire qu’ils permettent.

Summon à Paris Diderot (Christophe Pion)


Un SCD pluridisciplinaire, sur 9 sites, qui dessert 26 000 étudiants, qui a vu ses dépenses documentaires croître de 762% entre 2004 et 2011.

Le passage au numérique est favorisé par l’abandon des abonnements papier gagés
Outils locaux pour gérer la documentation numérique (liste A-Z en php).
Adoption de Summon, un index global, accompagné de toute la suite logicielle de chez Serials Solutions (résolveur, liste alphabétique, ERMS). L’objectif est d’avoir une seule base de connaissance.
Parallèlement, un site Web à l’interface dépouillée est développé sous Drupal 7.

Summon ne distingue pas le « livre » du « livre électronique », dans les résultats, et les facettes ne le permettent pas. Une surcouche VuFind (cf Villanova aux USA) permettrait d’affiner l’affichage des résultats (à l’étude).

Summon est un outil qui modifie la place des outils utilisés auparavant, et qui met en valeur la politique documentaire électronique. Il demande un nouveau regard sur la politique documentaire (notamment l’articulation papier-électronique) et donc sur l’évolution du métier.

IFLA – notes en vrac (3)

Peut-être des idées à prendre dans « Unbundling the big deal with patron driven acquisition of e-Journals », notamment le test fait avec le désabonnement d’un package pour ensuite acheter des crédits pour proposer des articles en Pay-Per-View. A suivre (ici ou ailleurs).

Ensuite, « Success or failure of digital library services », par Jens Thorhauge (Danish agency for libraries and media).
Parmi les 7 facteurs clé qui garantiraient le succès de nos services, la connaissance de nos usagers et de leurs pratiques ; être créatif et professionnel ; travailler en partenariat et adopter une démarche "marketing".
Exemple de la nouvelle version du site pallesgavebod.dk (dont l’ancienne version avait été conçue par la "vieille génération"), lancée après des tests auprès des usagers visés (les 8-12 ans), fait et maintenu par des professionnels, après une campagne promotionnelle.

Petit tour enfin du côté de « Roving reference with iPads » (façon de parler c’était dans la même salle), présentation de collègue des Rutherford Libraries, de l’Université de l’Alberta. Assez intéressante dans ses objectifs (questions sur les interactions bibliothécaire/usagers lors de renseignements mobiles, avec l’iPad), ses résultats me semblent quand même peu révélateurs, puisque basés sur seulement 35 formulaires remplis (sur 62 usagers aidés par ce biais, par 9 bibliothécaires volontaires).

J’ai noté que :
ce type de renseignement convient aux usagers, de par sa proximité (ie c’est le bibliothécaire qui se déplace, qui est « là »), qui apprécient également le fait de voir et partager l’écran du bibliothécaire)
Les bibliothécaires apprécient d’avoir un outil léger et intuitif; en revanche, fort besoin de découverte et de formation des bibliothécaires sur ce type d’outil.
Non négligeable, les usagers voient les bibliothécaires renseigner, venir vers eux, et ne plus simplement attendre derrière un écran /Livres Hebdo / des lunettes (plusieurs choix possibles).

La question du coût des iPad a été évoquée comme frein possible à la mise en place d’un tel service. Bon c’est sûr qu’entre un iPad à +/- 500€ et un PC de bureau à quoi ? 1000€, il est encore prudent de se poser la question…

Pour terminer, vu sur le poster d’une collègue, ce détail, qui résume assez bien nos bibliothèques…

IFLA – notes en vrac (2)

J’ai assisté à la session « Rethinking the role of public libraries »

Pour Claudia Lux, les quatre éléments de l’identité de la ZLB sont le « Network » (elle en fait l’élément principal), le « Staff », l’ « User », et la « Collection ». La ZLB profite d’une restructuration de ses bâtiments pour repenser son rôle et devenir un guide pour les bibliothèques de Berlin, ainsi qu’un laboratoire et une référence en terme d’innovation, puisque la ZLB a l’expertise.
La ZLB considère ses usagers comme ses amis (et l’inverse ?)
Un article de Rue89 sur Humbolt Box, qui va abriter la ZLB (merci @PhColomb) et un autre, plus "neutre" ;)

Ensuite c’était «  It takes courage to make mistakes – how to get the staff involved in making the future libraries  », par Jaana Tyrni, directrice des bibliothèques d’Espoo, Finlande.
Espoo est la seconde bibliothèque publique de Finlande, elle constitue avec trois autres le réseau HelMet.
Pour Jaana Tyrni, les étapes vers l’objectif doivent être pensées avec les équipes des bibliothèques et leurs usagers, en revanche, c’est au « management » de décider du but à atteindre.
Les directeurs ne doivent pas forcément avoir toutes les idées, mais savoir écouter et encourager celles de leurs équipes (ça semble évident hein ? ben en fait non). C’est un métier où l’on pense au futur, pas au présent.
Les équipes des bibliothèques d’Espoo ont a leur disposition un forum pour échanger leurs idées, elles utilisent beaucoup les réseaux sociaux, et peuvent, deux fois par jour, exposer leurs idées à leurs collègues.
Jaana Tyrni pense qu’il est préférable d’ encourager les équipes à partager leurs idées, leurs envies, plutôt que de ne pas y prêter attention. Pour elle le courage (dans son rôle de directrice) c’est de faire ce que vous avez besoin de faire (pour vos usagers, pour vos équipes), plutôt que de faire ce qu’on (votre administration) attend de vous. Un directeur doit faire des erreurs, et en parler. Le courage c’est d’encourager les gens à se « tromper ». Si j’avais su, je l’aurais invitée au FailCamp ;P

Dernière chose, à la bibliothèque Sello les bibliothécaires font leurs tâches internes (une partie au moins) au milieu du public de la bibliothèque : ça permet de montrer que « oui on bosse en bibliothèque » et aussi d’être très disponible pour le public.

IFLA – notes en vrac

Quelques éléments notés au cours des sessions auxquelles j’ai assisté. La richesse de la programmation fait que je passe pas mal de temps à naviguer d’une salle à l’autre, il semble que ce soit le prix à payer…

Session "Data collection in the service of libraries – Library Theory and research section with statistics and evaluation"essentiellement pour la présentation "Is mobile really necessary? The usability of mobile databases.", donnée par Tiffini A. Travis (California State University Libraries), Aaron Tay (National University of Singapore Libraries) n’ayant pas pu venir.

Quelques chiffres pour appuyer son discours:
il est prévu 1 milliard d’usagers de smartphones en 2013, 65% des ados accèdent à Internet via un smartphone, 87% des « Blacks and hispanics » en ont un. Le mobile est souvent leur seul point d’accès à Internet à domicile. Ce sont souvent des populations « défavorisées », pour lesquelles les bibliothèques représentent souvent le seul point d’accès à la lecture/culture. Et donc, il serait bien que les bibliothèques ne perdent pas ces lecteurs par des l’absence, ou la mauvaise qualité, de leur site pour « mobiles ».

Parmi les points relevés dans l’étude, le fait que ces outils soient « jargon free », histoire d’une part, d’être intelligibles par tout le monde, ensuite, pour ne pas encombrer inutilement l’interface avec un nom de module de recherche long comme un jour sans Web (valable aussi pour nos fournisseurs et leurs logos qui envahissent l’écran).
Elle revient ensuite sur quelques idées reçues : l’usage du mobile serait « secondaire », il ne se ferait que pour de la consultation rapide d’informations « rapides », les outils seraient difficiles à manipuler.
Que veulent/font les usagers « mobiles » des sites de bibliothèques ? n°1 : consultation des horaires d’ouverture, en n°2 : chercher dans le catalogue de la bibliothèque.

Puis j’ai assisté à la table-ronde "Current issues of measuring electronic library services – E-Metrics Specials Interest Group".

Il s’agissait d’une table ronde, au propre et au figuré. La discussion était libre, chacun pouvait prendre la parole. Beaucoup d’interrogations sur les indicateurs à considérer pour mesurer les usages.
Toujours la comparaison avec les usages du papier, est-ce utile ? Est-ce signifiant ? (je ne le pense pas).
Un participant a soulevé un problème potentiel avec Shibboleth et la vie privée, mais peut-être ai-je mal traduit.
Les bibliothécaires réclament des statistiques plus homogènes et plus complètes de la part des éditeurs, ce à quoi les éditeurs répondent qu’il serait temps que les bibliothécaires sachent ce qu’ils veulent, et se mettent d’accord ensuite… Des choses à imposer lors des négociations…
Apparemment il n’y a pas qu’en France que certains éditeurs se font tirer l’oreille pour fournir des statistiques. Ils ne peuvent plus se cacher derrière l’argument du coût de l’élaboration d’un module statistiques (solutions libres existent, des fournisseurs "OA" en fournissent sans avoir les mêmes ressources financières que les « gros »).


Persée, le point de vue de Lyon 2

(Màj 10/03, 18h17) : Les personnels de Persée répondent à cette mise au point sur leur page Facebook.

Je reproduis ci-après la mise au point de l’université Lyon 2 suite à la pétition lancée pour "sauver Persée":
Mise au point concernant la situation du Programme PERSEE
Une pétition relative au programme national de numérisation PERSEE vient d’être mise en ligne. Cette pétition relate une certain nombre d’inquiétudes relatives au devenir du Programme PERSEE et fait à la présidence de notre une université un certain nombre de griefs et rapporte un certain nombre de faits totalement inexacts.
En tout état de cause, contrairement à ce qui est indiqué dans la pétition, le programme PERSEE n’est absolument pas en danger.

C’est précisément pour pérenniser cette structure de grande qualité et lui permettre de disposer des moyens nécessaires à son développement que l’Université Lumière Lyon 2 a décidé de faire droit sans délai aux demandes répétées du directeur du Programme PERSEE de créer une unité mixte de services CNRS, rattachée au PRES-Université de Lyon, suivant ainsi les recommandations de l’AERES.

Le programme PERSEE va donc simplement changer de porteur et EN AUCUN CAS SA DISPARITION, ANNONCEE PAR LA PETITION, N’A ETE ENVISAGEE.

Le bureau du PRES-Université de Lyon 2 a voté le 1er mars dernier le principe d’un rattachement de PERSEE au PRES-Université de Lyon.

Le Ministère et le CNRS ont rappelé à plusieurs reprises leur soutien à ce programme. Lors d’une rencontre avec la direction du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche le 3 mars 2011, l’Université Lyon 2 a garanti que cette réorganisation se ferait dans les meilleures conditions pour les personnels. Tous les contrats des personnels sont évidemment garantis. Le Ministère a quant à lui réaffirmé sa volonté de soutenir PERSEE, tout comme le CNRS.
La présidence souhaite apporter à la communauté universitaire tous les éléments utiles à la compréhension de ce dossier.
Rappel des faits
Notre université a signé le 15 octobre 2003 puis le 2 mai 2007 deux conventions relatives à la mise en oeuvre d’un programme national, de la responsabilité du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, de numérisation, de traitement documentaire, de diffusion, et de la valorisation scientifique portant l’acronyme de PERSEE.
Ces conventions, tripartites (Lyon 2, Centre Informatique nationale de l’Enseignement Supérieur, Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche), qui engagent financièrement notre université, n’ont à l’époque fait l’objet d’aucune présentation, d’aucun débat et d’aucun vote devant les instances représentatives de l’Université (le conseil scientifique et le conseil d’administration). Cette situation institutionnelle explique d’ailleurs que l’équipe présidentielle n’a pas fait figurer PERSEE dans le bilan du quadriennal 2007-2010.
A travers la convention de 2007, l’Université s’engage à mettre à disposition, sur ses propres ressources en personnels, une équipe de 4 fonctionnaires titulaires de catégorie A : deux ingénieurs de recherche, un ingénieur d’études, 1 conservateur des bibliothèques (article 3 de la convention). Au titre de l’année 2010, la prise en charge de ces postes représente une masse salariale de 231 000 euros. Par ailleurs, le programme PERSEE occupe de fait près de 300 m2 de locaux de Lyon 2 dans le dôme de l’Université, situés 18 quai Claude Bernard et bénéficie de tous les services offerts par l’Université Lyon 2.
Par ailleurs, l’équivalent de 12 personnels à temps plein (contractuels ou vacataires) est employé par l’Université Lumière Lyon 2 et rémunérés sur le budget PERSEE alloué par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, correspondant au total à une dotation annuelle de 500 000 euros par an.
Il faut noter enfin qu’en dépit des moyens considérables mis à disposition par l’Université Lumière Lyon 2, notre établissement ne dispose à travers cette convention d’aucun pouvoir décisionnel sur le programme, à telle enseigne que :
- notre établissement est totalement absent, par exemple, du processus de nomination du directeur du programme PERSEE.
- notre établissement est totalement absent du comité de pilotage de PERSEE
- le bilan annuel d’activité et le bilan général du programme PERSEE n’est pas transmis à l’Université
- le conseil d’administration de notre université ne se prononce pas sur le bilan du programme PERSEE et ses orientations.
Bilan de l’activité de PERSEE
Il ressort de l’analyse financière du programme PERSEE, rattaché sur le plan budgétaire à la direction de la Recherche que l’Université Lumière Lyon 2 a dû supporter sur ses ressources propres 3 années de déficits consécutifs à hauteur de 98 346 euros en 2007, 129 471 euros en 2008, 87 552 euros en 2009, soit un total déficitaire de 315 023 euros en trois ans. Le budget 2010 présente lui en excédent inhabituel de 98 594 euros qu’il faut davantage attribuer à l’arrêt précoce du paiement des factures du fait du passage à SIFAC qu’on a un inattendu souci des équilibres financiers. Plus les coûts récurrents.
Par ailleurs, il faut noter que le passage aux responsabilités et compétences élargies fera peser directement sur la dotation de notre établissement dans 9 mois les traitements des 4 fonctionnaires rémunérés sur le budget "Etat".
Situation pour l’année 2011

La situation du programme PERSEE au sein de notre université soulève des interrogations qui ne mettent aucunement en doute la légitimité d’un tel programme, son intérêt pour les Sciences Humaines et Sociales. Il est en revanche tout aussi légitime de s’interroger sur l’opportunité pour notre établissement, par ailleurs notoirement sous doté en moyens, en personnels et en locaux disponibles, de supporter à lui seul les efforts financiers d’un programme national.
De plus, c’est le rapport de l’AERES, consultable à l’adresse suivante http://www.aeres-evaluation.fr/content/download/15391/252489/file/AERES-S1-Programme%20Pers%C3%A9e.pdf qui a proposé le rattachement de PERSEE au PRES-Université de Lyon dans le cadre du prochain contrat quinquennal :
"La création du PRES (…) est une opportunité pour PERSEE de s’inscrire dans le cadre des initiatives d’excellence (…) et de renforcer sa lisibilité et sa pérennité"
" PERSEE doit s’affranchir d’un mode de fonctionnement répondant à un cahier des charges ministériel et faire valoir ses propres stratégies de développement"
La présidence a rencontré à plusieurs reprises depuis plus d’un an la direction de PERSEE sur la question du portage institutionnel du programme. Les responsables administratifs de PERSEE ont été régulièrement reçus par M. le directeur général des services.
C’est d’ailleurs la direction de PERSEE qui, en premier lieu, a fait connaître à la présidence sa volonté de voir PERSEE évoluer en dehors de notre établissement, sous la forme d’une unité mixte de service CNRS. L’Université Lyon 2 a  immédiatement soutenu cette demande auprès du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et du CNRS.
Conformément à cette orientation, la présidence de Lyon 2 a donc pris l’initiative d’informer les deux autres partenaires du Programme PERSEE de la dénonciation de la convention de 2007, afin d’ouvrir dans la période des trois mois qui viennent, une période de discussion et de négociation relative au transfert de cette activité vers une autre structure, en l’occurrence le PRES. Cette question devant être réglée avant la signature du prochain contrat quinquennal 2011-2015 qui interviendra fin mai-début juin. Il n’y a eu dans ce dossier aucune précipitation.
La présidence a demandé la semaine dernière à pouvoir rencontrer les personnels de Lyon 2 affectés au programme PERSEE afin de les informer de la nature de changements qui vont se produire. Cette demande de rencontre n’a pas pu être satisfaite en raison de la période de congés de certains personnels. Une rencontre a été programmée jeudi 17 mars 2011. Par ailleurs, un point d’information aura lieu lors du conseil d’administration du 18 mars.
La présidence de l’Université Lumière Lyon 2

Quote of the day

"If the online world is not for you, then neither may be a career in librarianship."

Ce n’est pas moi qui le dit, mais Michael Stephens, dans cet article paru dans le Library Journal en octobre dernier (et que, à ma connaissance, personne n’avait signalé).

Morceaux choisis :

  • "The most prevalent LIS jobs in the next few years will probably be ones where you’re not tied to your desk and you communicate well beyond the physical walls of the building."
  • "Librarians must find their niche as well. Five years ago the conversation went on in blogs. Now it flows vibrantly across media platforms, enabling a stronger connection with library users through marketing, outreach, and the human touch."

Il y a aussi de jolis passages sur les modalités d’apprentissage en LIS. Un article qui reste encore et toujours d’actualité au moins de ce côté-ci de l’Atlantique, remember "Grand Corps Malade" de Daniel Bourrion…

IMG_0320.JPGphoto © 2009 Gill Wildman | more info (via: Wylio)

The most prevalent LIS jobs in the next few years will probably be ones where you’re not tied to your desk and you communicate well beyond the physical walls of the building.

SAV du Bibcamp

Rapide retour sur le bibcamp qui s’est tenu à la BU d’Angers le 15 janvier dernier.

Sur la forme:
De toutes les journées d’études/conférences/rencontres auxquelles j’ai pu assister, et de toutes celles que j’ai pu organiser (c’était un peu mon métier avant que je rejoigne le côté clair de la force), je crois que c’est une des plus abouties à laquelle il m’ait été donné de participer, avec une organisation carrée sans être rigide (j’ai même vu des organisateurs plaisanter) et un timing respecté. Et on se sentait un poil attendu aussi : signalisation aux abords de la BU, signalétique qui va bien dans la BU à destination des participants ET des étudiants, enveloppe avec tout ce dont on avait besoin pour la journée (dont les sacro-saints codes pour se connecter au réseau Wi-Fi).

Sur le fond:
Les participants étaient prévenus, s’ils venaient là, c’était pour bosser. En même temps, vous me direz que celui qui va jusqu’à Angers un samedi de janvier (et qui se prive par conséquent d’au moins une sortie ski) sans participer… Et on a bien bossé je trouve, beaucoup d’échanges dans les ateliers, et entre, puisque un temps conséquent était prévu pour ça.

J’ai participé à 2 ateliers:

« La conquête des réseaux sociaux » me laisse à penser, à froid, qu’il faut d’abord conquérir les collègues… Beaucoup de questions révèlent une méconnaissance de ces réseaux sociaux, et une appréhension relative à leur éventuelle utilisation en bibliothèque. Également beaucoup de questions pratiques adressées à Daniel Bourrion, l’animateur de l’atelier, sur les pages Facebook des BU d’Angers (Qui administre? Qui rédige les posts? Comment on met les billets d’un blog sur Facebook?)
Et puis des questions que l’on (se) pose quand ça concerne les réseaux sociaux, pour titiller leur utilité/légitimité, ou peut-être pour se rassurer, en se disant qu’on ne peut pas mettre en place un outil qui ne soit pas parfaitement abouti : « Ah mais vous n’avez QUE 1200 fans sur 17000 étudiants? » Alors qu’on devrait se dire qu’il y a 1200 étudiants qui ont choisi de recevoir les infos de la BU via Facebook non?… ; « Vous avez des stats? -Sur quoi? -Bah des stats ». Et des stats sur le pauvre cahier de liaison « BU/usagers » qui trône sur/derrière chaque banque de prêt/accueil de chaque bibliothèque, on en fait? Dans ma BU, la dernière remarque faite sur le cahier de liaison date de… janvier 2010 (bon, on peut aussi partir du principe que tout roule à la BU hein).

Celui sur les «nouveaux espaces» a été rondement mené et animé par Nathalie Clot, impossible de se défiler sous peine de rappel à l’ordre (pardon m’dame, je le referai plus).

Compte-rendu très complet par Fabrizio Tinti, sur le blog du Bibcamp.

J’ai enfin animé l’atelier « Innover et réussir par l’échec » (aka « failcamp »).

J’ai trouvé très peu de littérature sur le sujet (consacrée aux bibliothèques), et peu de témoignages disponibles en préparant l’atelier. Pourtant, à en juger par les échanges entre participants, il y a un réel besoin de pouvoir parler de l’échec, pour dire qu’on s’est planté, et ensuite en tirer parti.

Rien dans le BBF, rien en ligne, ou très peu. C’est Nicolas Morin, dans BiblioAcid qui appelait de ses vœux le partage d’expériences ratées. C’était en juin 2004, et rien de chez rien depuis, à l’exception de la série « La loose » entamée chez Daniel Bourrion fin 2010. Nos collègues américains sont à peine plus avancés que nous. Quelques exemples d’échecs ont été relatés lors du Failcamp qui s’est déroulé pendant la conférence Internet Librarian 2010. Quant aux tentatives de mutualisation d’expériences malheureuses, elles se sont soldées par… un échec! Le wiki Libsuccess.org (sur le partage d’expériences) a une page « Learning from failure » désespérément vide, au grand dam de Walt Crawford « And, in a mere three months with publicity elsewhere, we’ve seen the number of shared failures I was more-or-less expecting here: Zero. Why am I not surprised? » De même, la tentative de connexion sur la page « Learning from failure » du Library Leadership Network se solde par un échec. Quand ça veut pas, ça veut pas…

Compte-rendu beaucoup plus complet par Yann Marchand sur le blog du Bibcamp, que je remercie pour la prise de notes.